La pression s'accentue encore sur l'Arabie saoudite — Affaire Khashoggi

18 Octobre, 2018, 13:44 | Auteur: Lynn Cook
  • Un manifestant habillé en Jamal Khashoggi journaliste saoudien disparu pendant une manifestation à Washington DC le 08 octobre 2018

Le consul Mohammad Al-Otaibi, qui selon les médias turcs était présent au consulat quand l'assassinat supposé de Khashoggi a eu lieu, a quitté Istanbul mardi après-midi à destination de Ryad. "Je viens de parler au roi d'Arabie saoudite qui dit tout ignorer de ce qui a pu arriver à notre citoyen saoudien (.) J'envoie immédiatement notre secrétaire d'État pour rencontrer le roi (NDLR: voir encadré)", avait-il écrit.

M. Pompeo a rencontré hier à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'est lui aussi à ce stade gardé d'incriminer ouvertement Riyad.

Le chef de la diplomatie américaine et le prince héritier, surnommé "MBS", ont souligné la nécessité de mener une enquête approfondie et transparente. Ils étaient venus le tuer " et le consul lui-même a été sorti de la pièce.

Washington continue malgré tout de ménager Riyad.

Les recherches ont notamment été menées sur le toit du domicile et le garage, et ont inclus le déploiement d'un drone au-dessus des lieux. Depuis, le consul a quitté Istanbul pour Riyad mardi. Le consulat d'Arabie-Saoudite à Istanbul (Turquie) a été l'objet d'une perquisition durant huit heures.

Des responsables turcs ont affirmé qu'il y avait été assassiné par des agents saoudiens. Ce mercredi 17 octobre, des sources turques, se basant sur des enregistrements audio, affirment que le journaliste Jamal Khashoggi a été tué et décapité par des personnes saoudiennes à l'intérieur du consulat saoudien en Turquie. Conclusion commune pour le New-York Times et le Washington Post pour lequel travaillait Jamal Khashoggi, la thèse de l'interrogatoire qui a mal tourné ne tient pas une seconde. Tous ont travaillé soit pour les services de renseignement, soit pour le gouvernement, soit pour l'armée saoudienne. Trois autres appartenaient aux services de sécurité rattachés au jeune dirigeant, selon le quotidien. Nommé en juin 2017, suite à la mise à l'écart de Moukrine Ben Abdelaziz, remplacé, un moment, par Mohammed Ben Nayef, qui est le prince héritier légitime, mais qui céda rapidement la place sous la pression du roi et du conseil d'allégeance de la famille régnante, à Mohammed Ben Salmane, qui avait été, entretemps, désigné vice-prince héritier.

Citoyen saoudien, il était également détenteur d'une résidence permanente aux États-Unis.

M. Trump, un grand allié de Ryad, avait pour la première fois samedi estimé possible une implication de l'Arabie saoudite dans sa disparition et l'avait menacée d'"un châtiment sévère".

Dans un communiqué rendu public lundi soir sur Twitter, les enfants de M. Khashoggi ont réclamé la tenue d'une enquête indépendante sur la mort de leur père. Elles nient être impliquées dans sa disparition.

Dans la résidence consulaire, la police espère découvrir des éléments matériels, notamment des traces ADN, permettant d'expliquer ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi.

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