Emplois fictifs présumés du FN : Marine Le Pen convoquée par les juges

12 Octobre, 2018, 17:56 | Auteur: Lynn Cook
  • Une enquête ouverte contre Marine Le Pen pour avoir publié sur Twitter une demande d'expertise psychiatrique

La présidente du Rassemblement national en est ressortie en fin de matinée avec une requalification de sa mise en examen, qui vise désormais des faits présumés de "détournements de fonds publics". Le délit de "détournements de fonds publics" est passible de dix ans d'emprisonnement et d'un million d'euros d'amende, contre trois ans de prison et de 375.000 euros d'amende pour l'abus de confiance.

Marine Le Pen est entendue par les juges d'instruction dans l'affaire des emplois présumés fictifs du FN au Parlement européen.

Au cours de cette nouvelle audition, elle n'a pas répondu aux questions, arguant qu'elle attendait une décision sur un recours devant la cour de cassation. Elle était jusque-là mise en examen depuis juin 2017 pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance" dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN.

"Nous sommes totalement innocents des faits qui nous sont reprochés".

La raison invoquée pour cette saisie inédite à l'encontre d'un parti politique était la suivante: les magistrats avançaient "le risque" que le parti, "très endetté", ne s'en serve pour rembourser ses emprunts et ne soit plus en mesure de payer les amendes ainsi que les dommages et intérêts en cas de condamnation dans un procès. "J'ai donc indiqué aux magistrats que je répondrai à l'ensemble de leurs questions après que la chambre criminelle ait tranché cette question de principe qui est absolument primordiale par sa nature constitutionnelle, puisqu'elle touche à l'essence même des principes démocratiques de la République", a-t-elle expliqué. Le parti affirme n'avoir toujours pas reçu le million qui lui a été restitué.

Elle a été convoquée ce vendredi pour un premier interrogatoire après sa mise en examen pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance" en juin 2017. Les magistrats envisagent désormais de requalifier toutes les mises en examen existantes, depuis une jurisprudence récente de la Cour de cassation. L'eurodéputé Bruno Gollnisch, déjà mis en examen dans ce dossier, pourrait être concerné à son tour lundi.

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