La température moyenne sur terre devrait grimper de 1,5°C d'ici 2030

11 Octobre, 2018, 01:03 | Auteur: Lynn Cook
  • Réchauffement climatique: Des experts militent pour des solutions drastiques

En effet, selon Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe de travail sur les sciences du climat du GIEC, "chaque demi-degré de plus compte et il y a des avantages indéniables à limiter le réchauffement à 1,5°C plutôt que 2°C." .

Le chercheur Jim Skea, membre du Giec et de l'Imperial College de Londres, a relayé l'espoir ténu d'une réussite de ces objectifs, tout en rappelant aux dirigeants mondiaux leur responsabilité: "Les lois de la physique et de la chimie permettent [de limiter la hausse à 1,5 °C], ainsi que les technologies, le changement des modes de vie et les investissements". Voici en quatre chiffres les points les plus alarmants du rapport. Au lieu de fondre une fois par siècle, la banquise arctique fondra une fois tous les dix ans. Dans ce rapport, les auteurs ont également étudié les solutions susceptibles d'être mises en œuvre pour limiter le réchauffement à 1,5 ºC, les modalités de leur mise en œuvre et leurs conséquences éventuelles.

Il est encore possible de limiter le réchauffement à 1,5 degré.

Ainsi, les énergies renouvelables, qui représentent aujourd'hui 25% environ de la production d'électricité, devront monter à 70-85% d'ici 2050.

La limitation d'une hausse à 1,5°C est donc mal engagée et la planète se situe pour l'instant sur un rythme de 3 °C d'ici à la fin du siècle. A +2°C ce serait 10 cm de plus, soit jusqu'à 10 millions de personnes supplémentaires affectées.

Pour rester à 1,5°C, il faut faire décliner les émissions de CO2 bien avant 2030 et fortement (-45% d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), pour ensuite arriver, vers 2050, à une "neutralité carbone": c'est-à-dire cesser de mettre dans l'atmosphère plus de CO2 que l'on ne peut en retirer. "Le rôle du Giec n'est pas de déterminer si 1,5 °C est faisable, ajoute Henri Waisman, chercheur à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), corédacteur du rapport". Une transformation immédiate et profonde qui semble bien loin des priorités des gouvernements."Les quelques années à venir sont probablement les plus importantes de notre histoire ", estime Debra Robert, coprésidente du groupe de recherche sur les conséquences du changement climatique.

Les émissions de gaz à effet de serre (Ges) générées par l'Homme ont fait grimper la température mondiale de 1 °C depuis la Révolution industrielle. Par ailleurs, avertissent les experts, le réchauffement climatique s'accompagnera de l'aggravation de la pauvreté car la pauvreté et les inégalités vont augmenter en même temps que les températures, martèle le rapport. Cependant, pour y parvenir de façon juste et sans danger il sera indispensable de s'écarter tout à fait et tout de suite, dans le monde entier, des énergies polluantes, et de transférer des sommes considérables des pays du Nord vers ceux du Sud afin de financer la transition.

"Il nous dit 'si on n'agit pas maintenant, on va vers un monde où on sera en permanence en gestion de crises'", dit-elle. Ce qui entraînerait des catastrophes irréversibles autant pour les humains que pour beaucoup d'autres espèces vivantes.

Autrement dit, au moment où les appels pour une tarification carbone se font de plus en plus pressants, une armée de dinosaures, pour la plupart conservateurs, se lève pour abattre la solution la plus prometteuse. sans proposer de solution de rechange, évidemment.

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