L’ancien patron des stups placé en garde à vue

11 Octobre, 2018, 22:28 | Auteur: Sue Barrett
  • Affaire des

Le 24 août 2017, l'ex-chef de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants ou Ocrtis, François Thierry a été mis en examen.

Dans sa plainte, à l'origine de l'instruction lyonnaise, ce dernier affirme qu'en mars 2012, le patron de l'Octris le fit venir dans une villa à Marbella pour y décharger "plusieurs cargaisons de stupéfiants": 19 tonnes en tout selon ses dires, revendues sur place à des trafiquants français, en présence notamment d'un policier appelé "Laurent" - celui placé en garde à vue avec M. Thierry, selon la source proche du dossier.

Dans le viseur des enquêteurs, deux magistrates. L'enquête instruite à Lyon sur les pratiques controversées de la lutte anti-stupéfiants, menée par le commissaire François Thierry, a mené à deux gardes à vue mardi à Paris par l'inspection générale de la police nationale (IGPN), a-t-on appris de sources proches du dossier. Il s'agit de la vice-procureur du parquet de Paris, Véronique Degermann, dont la garde à vue est toujours en cours, et de Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureur à la juridiction interrégionale spécialisée, et dont la garde à vue a été levée mardi soir.

Dans ce contexte, François Thierry a été placé en garde à vue lundi 8 octobre à Paris. Elle vise des faits présumés d'infraction à la législation sur les stupéfiants, d'association de malfaiteurs et de faux en écriture. Selon "Le Parisien" qui révéle l'information, les juges lyonnais veulent comprendre les conditions dans lesquelles un indicateur, Sophiane Hambli, a été temporairement extrait de prison, en avril 2012, pour être conduit dans un hôtel, dans le cadre d'une vraie-fausse garde à vue.

Le volet principal a été dépaysé, lui, à Bordeaux. Il a perdu dans la foulée son habilitation d'officier de police judiciaire, sanction transformée en suspension de deux ans après un recours. L'issue de l'enquête de la justice lyonnaise a démontré que la livraison de drogue arrivée en France était sous la surveillance et l'opération de l'Ocrtis aidée par un trafiquant de drogue de haut vol. Aussi, dans cette affaire, la justice soupçonne l'ancien commissaire d'avoir permis l'entrée et l'importation de drogue en France. "Les autres, qui travaillent pour un gros informateur de l'Ocrtis, peuvent alors inonder le marché sans être inquiétées", poursuit Hubert Avoine, auteur du livre "L'Infiltré: de la traque du Chapo Guzman au scandale français des stups". Il a été entendu à la suite de l'affaire de la saisie de sept tonnes de cannabis en octobre 2015 à Paris.

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