Une journaliste violée et assassinée après un reportage sur la corruption — Bulgarie

09 Octobre, 2018, 16:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Premier ministre bulgare

Son corps a été découvert samedi dans un parc de ce port danubien, situé à la frontière roumaine.

Sur Twitter, Harlem Désir, représentant pour la liberté des médias à l'OSCE, appelle à une "enquête complète et rigoureuse". "Très préoccupée par le meurtre de Victoria Marinova de Bulgarie".

Cette situation alarmante a conduit de nombreux observateurs à faire le lien dimanche entre le meurtre de la journaliste et ses activités professionnelles.

Viktoria Marinova est la troisième journaliste assassinée en un an en Europe, après et la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia en octobre 2017 et le reporter Jan Kuciak en Slovaquie en février 2018. L'enquête examine autant les pistes liées à sa vie personnelle que professionnelle. Reporters sans frontières (RSF) également réclame dans un communiqué "une enquête sérieuse et approfondie" et demande que les collègues de Viktoria Marinova soit "placés sous protection policières". Une demande également relayée par le site d'investigation bulgare Bivol.bg, animé notamment par Dimitar Stoyanov, le journaliste récemment interviewé par Mme Marinova. "Jamais nous n'avons reçu de menace sous aucune forme", a déclaré à l'AFP un journaliste de TVN Ruse, collaborateur de la victime, sous couvert d'anonymat. Il a ajouté que ses collègues et lui craignaient désormais pour leur sécurité.

Le premier ministre bulgare a assuré que les experts avaient collecté de nombreux échantillons d'ADN.

Mère d'un enfant, journaliste "disciplinée, ambitieuse, allant jusqu'au bout" selon un confrère, Viktoria Marinova avait expliqué lors de sa dernière émission vouloir donner "une tribune" au journalisme d'investigation, déplorant "la pression" des politiques et des milieux d'affaires, des propos rares à la télévision bulgare. "Son téléphone portable, ses clés de voiture, ses lunettes et une partie de ses vêtements ont disparu ", a-t-il ajouté. Nombreux·ses sont celles et ceux qui ont fait le lien entre sa mort et son métier de journaliste.

Selon l'Association des journalistes européens, basée en Bulgarie, les journalistes de médias régionaux et locaux sont particulièrement exposés. Une étude d'Eurobaromètre montre que la Bulgarie se range en première position au sein de l'UE pour ce qui est des stéréotypes des genres.

Des veillées en hommage à la journaliste sont prévues lundi soir à Sofia et Ruse. Pour les journalistes bulgares, les coupables n'ont même pas cherché à effacer leurs traces. Et le hashtag, mot dièse, #JusticeForVictoria a été lancé par ses consoeurs et confrères jounalistes européens, repris bien au delà du vieux continent. Directrice administrative de TVN, une chaîne de télévision locale de la ville de Ruse, au bord du Danube, elle était aussi la présentatrice de Detector, une toute nouvelle émission d'actualité.

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