Paul Biya perdrait le pouvoir au Cameroun

09 Octobre, 2018, 23:31 | Auteur: Lynn Cook
  • Paul Biya perdrait le pouvoir au Cameroun

C'est donc clair. Le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est convaincu de sa victoire à cette présidentielle. La diffusion de tendances électorales est interdite au Cameroun et les résultats ne sont pas attendus avant au moins une semaine.

"Ce ralliement, intéressant pour la vitalité de la vie politique camerounaise, pourrait arriver trop tardivement pour créer une dynamique de fond", a déclaré à l'AFP Hans de Marie Heungoup, chercheur au centre d'analyses International Crisis Group (ICG).

Les séparatistes ont promis "la guerre" dimanche dans ces deux régions quadrillées par l'armée. Une voiture du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune et celle du sous-préfet ont également été prises pour cibles.

La sortie de Maurice Kamto a suffi pour susciter une levée de boucliers parmi les partisans du pouvoir qui l'accusent de tentative de déstabilisation du pays et s'insurgent contre l'annonce de sa victoire présumée avant la fin du décompte de la commission électorale. "Mais je peux vous assurer que la large majorité des habitants sont prêts et veulent voter".

L'ancien ministre délégué auprès du ministre de la justice, qui avait claqué la porte du gouvernement en 2011, a par ailleurs appelé Paul Biya, président du Cameroun depuis bientôt trente-six ans, à organiser "une transmission pacifique du pouvoir ".

Vêtu d'un costume bleu marine et accompagné de son épouse Chantal qui portait un ensemble jaune vif, il s'est réjoui du climat "de sérénité" dans lequel s'est déroulée la campagne et a espéré que le "peuple camerounais continuait à (lui) faire confiance".

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont été tués dans ce conflit en zone anglophone, ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG.

Position qui n'a pas été appréciée par les partis d'opposition. Aucun bilan n'est disponible du côté séparatiste. Deux jours avant le vote, un autre opposant, Akere Muna, avait retiré sa candidature en sa faveur pour bloquer la voie à Paul Biya, au pouvoir depuis presque 36 ans.

Dans cette région sinistrée par les assauts des jihadistes de Boko Haram depuis quatre ans, 74% de la population vit sous le seuil de pauvreté contre 37,5% au niveau national.

" Nous ne pouvons pas être sereins car la fraude est dans l'ADN du régime, mais nous nous sommes donné l'objectif d'être présents dans le maximum de bureaux pour que nos scrutateurs leur compliquent la tâche", a par ailleurs confié Maurice Kamto, l'une des principales figures de l'opposition.

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