"On a encore la possibilité d'agir" — Réchauffement climatique

09 Octobre, 2018, 07:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Handout.  Reuters

Après quelques âpres discussions, notamment avec l'Arabie Saoudite, pour valider le texte du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le rapport spécial sur le réchauffement planétaire de 1,5°C, qui a été approuvé par les gouvernements, est publié lundi 8 octobre à 10 heures à Incheon en Corée du Sud (3 heures du matin en France). "Ce sera une contribution scientifique clé pour la conférence de Katowice [COP24 en décembre prochain, ndlr] sur le changement climatique", indique le GIEC. Et si les Etats s'en tiennent à leurs engagements de réduction d'émissions pris dans le cadre de l'accord de Paris en 2015, ce sera +3°C à la fin du siècle.

Pour rester à 1,5°C, le Giec préconise que les émissions de CO2 devront chuter drastiquement dès avant 2030 (-45% d'ici 2030) et le monde atteindre une "neutralité carbone" en 2050.

"Les années à venir seront les plus déterminantes de notre histoire", explique à l'AFP la Sud-Africaine Debra Roberts, autre co-présidente.

Pour la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, c'est "un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas".

Le premier producteur de pétrole ne souhaitait pas voir rappelé les insuffisances des engagements sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour maintenir la hausse des températures à 1,5°C. "Seulement alors aurons-nous une chance de nous protéger des impacts que la science nous annonce". Personne ne sait. Ce qui compte maintenant est que nous décidions d'essayer et que nous fassions notre priorité. Pour enfoncer le clou, les chercheurs ont cette fois compilé plus de 6.000 études sur les conséquences d'une telle hausse pour arriver à une nouvelle conclusion: au-delà de d'une hausse de 1,5 °C, la planète tout entière changera de visage. Limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés d'ici le milieu du siècle nécessiterait selon eux "des changements rapides, d'une portée considérable et sans précédent dans tous les aspects de la société". La conséquence sur le nombre de personnes affectées est saisissante: 10 millions supplémentaires de personnes. L'industrie devra se mettre au pas et réduire ses émissions de CO2 de 75-90 % d'ici 2050 par rapport à 2010 (comparé à 50-80 % pour 2°), et les transports passer aux énergies bas carbone (35-65 % en 2050 contre moins de 5 % en 2020). D'après le panel de scientifiques, la limite de 1,5 °C n'est pas impossible à respecter.

A +1,5°C ou à +2°C, le monde ne sera pas le même, prévient le Giec, décrivant des risques accrus pour les espèces comme pour les économies. "Pour rester à 1,5°C d'augmentation, il faudra une " transition rapide " et d'une ampleur " sans précédent ".

Encore faut-il que les pays les plus pollueurs jouent le jeu et que les investissements soient à la hauteur, ce qui laisse bien peu de temps pour éviter le pire.

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