Le Giec appelle à des transformations "sans précédent" — Climat

09 Octobre, 2018, 15:31 | Auteur: Lynn Cook
  • Hans-Otto Pörtner co-président de cette session du Giec le 8 octobre 2018 à Incheon en Corée du Sud

Le secrétariat de la convention-cadre onusienne sur les changements climatiques (la CCNUCC) s'est "félicité" lundi de la publication du résumé du rapport spécial du Giec sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5°C, soulignant que ce texte confirme bien qu'il est indispensable de maintenir un engagement ferme dans le sens d'une limitation du réchauffement planétaire.

Pour les experts climat de l'ONU, qui lancent une nouvelle alerte, les conséquences de l'emballement au-dela d'1,5ºC de réchauffement (par rapport aux niveaux pré-industriels) sont claires: vagues de chaleur, extinctions d'espèces, ou déstabilisation des calottes polaires , source de montée des océans sur le long terme. "Chaque petit accès de réchauffement supplémentaire compte, d'autant que passer 1,5°C accroît le risque de changements profonds voire irréversibles", abonde Hans-Otto Pörtner, qui a co-présidé la session du Giec la semaine dernière en Corée du Sud, où s'étaient réunis chercheurs et représentants des Etats. À 1,5°C, l'Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle. Dans ce cas, les mers grimperont de plusieurs mètres sur les siècles ou millénaires à venir.

L'impact sur les espèces sera moindre à 1,5 degré: moins de feux de forêts, moins de perte de territoires, moins d'espèces invasives. A +1°C, 4% de la surface terrestre change d'écosystème, à +2°C ce sera 13%.

" Le rapport montre que nous n'avons plus qu'une occasion, des plus minces, pour éviter des dommages impensables au système climatique qui nous fait vivre", a dit Amjad Abdulla, qui représente une quarantaine de nations allant des Maldives aux Bahamas en passant par Singapour éparpillées sur tous les océans. Il souligne les risques accrus pour la ressource en eau, la sécurité alimentaire et la santé.

Selon le Giec, pour rester à 1,5°C, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement de 45 % d'ici 2030.

Villes, industries, énergie, bâtiment, etc.: tous les secteurs sont appelés à s'atteler à de "profondes réductions d'émissions ": rester à 1,5ºC demandera "une transition rapide et de grande portée ", d'une ampleur "sans précédent ". La part du charbon (environ 40 % aujourd'hui) serait réduite à poussière.

Les experts adressent une partie de leur message au monde de la finance. Selon le rapport, quelque 2 400 milliards de dollars (environ 2 000 milliards d'euros, soit quasiment le PIB de la France) d'investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques. Un coût toutefois plus faible que l'inaction, rappellent les scientifiques.

" La politique des petits pas ça ne suffit pas " a affirmé la climatologue Valérie Masson-Delmotte présente en Corée du sud. La vraie question de la faisabilité c'est celle-là: "les gens sont-ils prêts à agir, et y aura-t-il assez de volonté politique collective?"

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