Ronaldinho soutient le candidat d’extrême droite — Présidentielle au Brésil

08 Octobre, 2018, 15:50 | Auteur: Lynn Cook
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Le duel Bolsonaro-Haddad s'annonce très incertain et bien des choses peuvent se passer d'ici au 28 octobre, dans une campagne qui a déjà réservé d'énormes surprises entre la disqualification de l'ex-président Lula emprisonné pour corruption et l'attaque qui a failli coûter la vie à Jair Bolsonaro, le 6 septembre dernier. "C'est incroyable que le Parti des travailleurs (PT) ait réussi à obtenir autant de voix, avec tout ce qui s'est passé au Brésil", déplore Amilton junior, un professeur de 36 ans. "J'ai choisi de vivre au Brésil et je veux un Brésil meilleur pour tous", a affirmé l'ancien maître à jouer du Barça, dont le profil sur Twitter est suivi par 18 millions de personnes.

Son propre fils, Flavio, député fédéral, a été, lui, élu sénateur dès le premier tour.

Pour nombre d'entre eux, le candidat de l'extrême droite, Jair Bolsonaro, 63 ans, est apparu comme l'homme de la situation. Tous ont exprimé l'espoir que ce scrutin apporte le "changement" dans un Brésil rongé par une crise économique et politique et d'innombrables scandales de corruption. Il a aussi bénéficié d'un fort sentiment anti-PT, au pouvoir de 2003 à 2016.

Au Brésil, d'autres ex-gloires du football comme Rivaldo, champion du Monde avec Ronaldinho en 2002, et des joueurs en activité, comme Lucas Moura, de Tottenham, ont déclaré publiquement qu'il voteraient Bolsonaro. "On en a assez de la corruption".

Les supporters de Jair Bolsonaro étaient à la fois satisfaits du score de leur candidat et déçus qu'il n'ait pas remporté l'élection dès le 1er tour. Avant que ne tombent les résultats le situant à 46,06 % avec 99,99 % des urnes dépouillées, loin devant Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT), à 29,24 %, Bolsonaro a évoqué des " problèmes avec les urnes électroniques ". "Il n'a pas d'équipe, pas de projet", avait averti en votant M. Haddad.

Dès ce 8 octobre, les deux finalistes vont essayer d'être plus consensuels, selon l'AFP, en nouant des alliances vers le centre, très convoité. "Il reste trois semaines avant le second tour".

Interrogé dimanche soir sur ses intentions, Ciro Gomes, du PDT de centre gauche, arrivé 3e avec 12,5 % des voix, s'est borné à dire qu'il continuerait de " lutter pour la démocratie et contre le fascisme ".

"Ca serait une catastrophe si (Bolsonaro) passait", estime José Dias, un électeur de gauche, dans un bureau de vote du nord de Brasilia.

Si la présidentielle peut faire basculer le Brésil dans une ère inconnue, les élections des gouverneurs et des assemblées des 27 Etats, des 513 députés de la Chambre basse et des deux tiers des 81 sénateurs également prévues dimanche ne devraient en revanche pas transformer radicalement le paysage politique.

Ses électeurs se recrutent dans toutes les couches sociales et parmi les jeunes, qui n'ont pas connu la dictature (1964-85).

Fernando Haddad devra lui aussi séduire au-delà de sa famille politique, précise le site, notamment en mettant un frein au profond rejet de son parti, "lié principalement à la corruption, au radicalisme de son discours de gauche et à la mauvaise gestion de l'économie".

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