L'Assemblée ouvre la voie à la privatisation — Aéroports de Paris

08 Octobre, 2018, 13:06 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale le 26 septembre 2018

Les députés ont approuvé la disposition permettant à l'État de passer sous le seuil d'un tiers du capital d'Engie et d'ouvrir à des investisseurs privés le capital de GRTgaz, sa filiale spécialisée dans le transport du gaz. L'Élysée avait déjà lancé l'idée depuis juin dernier, par le biais de la loi Pacte menée par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, dont l'objectif était de lancer les privatisations. Les deux dispositions ont été votées par les députés, ce qui signifie que l'État va pouvoir vendre une partie ou la totalité de ses actifs dans le capital de la Française des Jeux et du groupe ADP, qui opère notamment les grands aéroports parisiens. "Ce n'est pas décidé", a-t-il déclaré.

Les députés ont donc enteriné cette décision avec 39 voix pour et 7 contre.

L'État restera au capital de la FDJ à hauteur minimum de 20%. La FDJ détient chez nos voisins le monopole des jeux de tirage et de grattage.

Le projet de loi Pacte en est à sa première lecture à l'Assemblée nationale.

Face au scepticisme de l'opposition, notamment sur l'autorisation accordée au gouvernement de procéder par ordonnances pour renforcer la régulation du secteur des jeux indispensable à cette privatisation, Bruno Le Maire s'est voulu rassurant. La nuit précédente, un changement de cadre juridique a été réalisé à la sauvette pour supprimer l'obligation de l'Etat à détenir une majorité de parts au sein d'Aéroports de Paris mais aussi de la Française des Jeux et Engie, entités appelées également à être privatisées prochainement.

Plusieurs élus d'opposition ont estimé que ces opérations constituaient un "non-sens" économique en arguant qu'un fléchage des dividendes sans cessions des participations aurait "largement suffi". Le but du gouvernement est de "constituer un fonds de 10 milliards d'euros, qui va rapporter de 250 à 300 millions d'euros par an, pour investir dans l'innovation de rupture". Les sommes obtenues ont aussi vocation à participer au désendettement de l'État, a précisé Bruno Le Maire. "L'État empoche chaque année plus de trois milliards d'euros Les communistes ont exposé des arguments similaires, dénonçant " une erreur qui aura de graves conséquences en termes de santé publique ".

Recommande: