Libre-échange: accord in extremis entre États-Unis et Canada

03 Octobre, 2018, 19:23 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche à Washington DC me 13 février 2017

Le président américain Donald Trump a salué lundi l'accord commercial "le plus important de l'histoire des Etats-Unis" conclu in-extremis dimanche avec le Mexique et le Canada, pour remplacer un traité de libre-échange crucial pour les économies des trois pays et vieux de près de 25 ans. Il avait d'ailleurs insisté tout particulièrement pour que le nom, Aléna ou Nafta en anglais, soit changé.

Les producteurs laitiers canadiens ont vivement dénoncé lundi le nouvel accord qui ouvre un peu plus leur secteur à la concurrence étrangère.

Depuis des semaines, les Canadiens négociaient d'arrache-pied pour obtenir un accord équilibré.

Le Canada voudrait aussi avoir la garantie que, s'il signe l'accord, la menace d'imposition de droits de douane à l'industrie automobile canadienne, souvent brandie par le président Trump, serait levée.

Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau.

Selon des sources citées par les médias, Ottawa était prête à des concessions sur son secteur laitier si Washington acceptait l'exigence canadienne d'un maintien du mécanisme de règlement des conflits de l'Aléna (chapitre 19). Le système des règles d'origine étant de vigueur. A noter aussi que les lourds droits de douane imposés à l'acier et à l'aluminium canadien par le locataire de la Maison blanche, soucieux de protéger la sidérurgie américaine, restent en place pour le moment, malgré la colère d'Ottawa.

Plusieurs dates butoir sont déjà passées sans conclusion. Les discussions, à distance cette fois, s'étaient intensifiées lors de l'ultime week-end, entre les équipes de la ministre des Affaires étrangères canadienne et de Robert Lighthizer, le représentant américain au Commerce.

Le président Trump qui est engagé dans un bras de fer avec la Chine pour réduire le déficit commercial américain, pourra avoir clos le chapitre de la renégociation de l'Aléna avant les élections de mi-mandat en novembre.

Cette percée intervient quelques heures avant que quelque 8 millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de Justin Trudeau.

Le Canada accepte d'assouplir son système dit de la "gestion de l'offre" contrôlant la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens grâce à des quotas annuels et des taxes à l'importation atteignant 275%.

M. Trump veut signer le texte à la fin novembre avec le président sortant mexicain, Enrique Peña Nieto, qui quitte le pouvoir le 1er décembre et le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

Selon la version de l'AEUMC diffusée par les États-Unis, Washington, Ottawa et Mexico doivent se consulter avant de conclure un nouveau traité de libre-échange avec une tierce partie. Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région. "Ceci dit, nous examinons les implications à plus long terme", a dit ce haut responsable canadien.

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