Incertitude sur la conclusion d'un accord entre Ottawa et Washington — Alena

02 Octobre, 2018, 04:58 | Auteur: Aubrey Nash
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Donald Trump a affirmé mercredi avoir refusé de rencontrer le Premier ministre canadien Justin Trudeau à New York alors que les négociations entre Washington et Ottawa pour moderniser l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna) étaient au point mort.

Le président américain avait répété ses critiques contre l'Aléna samedi devant ses partisans en Virginie occidentale, soulignant que le nouvel accord conclu avec le Mexique était " un bon accord pour les deux pays ".

"Une source proche des négociations a affirmé que la grande majorité du texte de l'entente américano-mexicaine, soit plus de 20 chapitres sur une trentaine, ne cause pas le moindre problème pour le Canada".

Selon son porte-parole, Chrystia Freeland a regagné le Canada pour participer aux travaux sur l'Aléna.

Les relations entre les deux hommes, qui avaient pourtant commencé sous les meilleurs auspices après l'arrivée de M. Trump à la Maison Blanche, n'ont cessé de se dégrader depuis le fiasco du G7 de Charlevoix (Québec) en juin dernier. Le président américain avait tenu des propos particulièrement virulents, rendant le Premier ministre canadien responsable de l'échec de l'événement.

Justin Trudeau n'a de cesse de son côté de marteler qu'il ne signerait un accord qu'à la condition qu'il soit dans l'intérêt des Canadiens.

Selon cette source, Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial, contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle, deux thèmes très chers aux Québécois. "Puis ils se sont rendus compte que ça ne marchait pas et qu'il valait mieux ne pas se retrouver dans une situation où (Donald) Trump peut les malmener".

Le Globe avait plus tôt affirmé qu'Ottawa souhaitait aussi avoir la garantie que Washington n'imposerait pas de droits de douane à l'industrie automobile canadienne, menace régulièrement brandie par le président Trump et dont la mise en oeuvre serait dévastatrice pour cet important secteur économique. "Ce dernier y voit l'origine de la perte de millions d'emplois américains, notamment dans le secteur automobile".

"La ministre des Affaires étrangères canadienne Chrystia Freeland a reporté un discours qu'elle devait prononcer samedi devant l'ONU pour s'occuper des négociations avec les Etats-Unis sur l'Alena, qui sont entrées dans une phase cruciale".

Et maintenant, le gouvernement Américain a du mal à atteindre l'auto-imposées, le 1er octobre, date limite pour parvenir à un nouvel accord sur le commerce entre les trois pays.

Justin Trudeau avait convoqué en urgence, en soirée, ses ministres pour une réunion de cabinet exceptionnelle, consacrée à ce dossier ultra-stratégique. "Nous n'aimons pas leur représentant très bien", dit-il.

Avec raison: selon des analystes et des initiés, la date butoir fixée par les États-Unis pour forcer le Canada à signer avant lundi n'est pas coulée dans le béton.

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