Macron en Martinique veut que l'État prenne ses responsabilités — Chlordécone

01 Octobre, 2018, 02:41 | Auteur: Aubrey Nash
  • Cette mesure fiscale qui pourrait parasiter le déplacement de Macron aux Antilles

"L'Etat doit prendre sa part de responsabilité dans cette pollution et doit avancer dans le chemin de la réparation", a estimé le président de la République, ajoutant que cette pollution "fut aussi le fruit d'un aveuglement collectif".

Le chef de l'Etat devait rencontrer la population martiniquaise hier matin (après-midi à Paris), mais il a dû annuler sa déambulation dans le centre-ville de Fort-de-France, avec l'arrivée de la tempête tropicale Kirk et ses vents pouvant atteindre 110 km/h en rafales, qui ont poussé les préfectures de Martinique et Guadeloupe à placer les deux territoires en vigilance orange cyclonique.

Emmanuel Macron persiste et signe.

Le chef de l'Etat doit s'exprimer sur un autre sujet sensible pour la santé, celui des sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques, qui envahissent régulièrement le littoral antillais, avec un impact sur le tourisme et le quotidien des riverains.

En visite en juin sur l'île, l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot et la ministre des Outre-mer Annick Girardin avaient annoncé un plan de lutte de 10 millions d'euros sur deux ans, avec pour objectif de réduire, pour les prochaines saisons, le délai de ramassage à 48 heures après les échouages.

En janvier, un plan d'urgence de l'Etat et des collectivités de 71 millions d'euros a été voté, pour aboutir à la fin des tours d'eau d'ici deux ans.

Une grande majorité des Guadeloupéens n'ont pas d'eau tous les jours à cause d'un défaut d'entretien des canalisations - le réseau perd 60% de son rendement avant que l'eau n'arrive au robinet.

Lors d'un bain de foule dans la commune de Goyave, le chef de l'État a échangé avec un jeune homme. Elles s'amoncellent sur les rivages, salissent plages et ports, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.

En baisse dans les sondages de popularité, le président devrait en profiter une nouvelle fois pour aller au contact de la population et répondre à ceux qui l'interpellent sur ses réformes.

Pour avoir une meilleure idée des conséquences sanitaires de la surexposition au chlordécone, une étude de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) sera rendue publique en mars 2019.

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