Emmanuel Macron dévoile son plan santé, baptisé "Ma santé 2022" — Réforme

23 Septembre, 2018, 00:07 | Auteur: Jonathan Ford
  • Les personnels de l’hôpital psychiatrique Pierre Janet du Havre ont occupé cet été le toit de leur établissement en guise de protestation contre leurs conditions de travail

Surprise, la grande réforme du système de santé annoncée mardi matin par le Président, si elle touche à tout (elle lance notamment des pistes pour la réorganisation du système hospitalier), s'avère surtout novatrice en matière de médecine libérale. Parmi ces mesures, la fin du numerus clausus pour les étudiants en médecine. Emmanuel Macron a présenté un plan de santé basé sur ses promesses de campagne: défi de l'hôpital, priorité à la prévention, utilisation du numérique...

Le chef de l'Etat a également annoncé un important chantier afin de lutter contre la surcharge des urgences. "Chaque année 25.000 étudiants, du jour au lendemain, passent d'excellents lycéens à celui ou celle qui échoue pour la première, la deuxième ou la troisième fois à la première année", a-t-il déploré. " Nous allons inciter tellement que les professionnels n'auront plus le choix " a insisté le gouvernement.

Sur quels critères seront formés les futurs médecins? Emmanuel Macron a affirmé vouloir que plus aucun médecin de ville ne travaille seul d'ici " à horizon de janvier 2022 ".

" De plus, la fin du numerus clausus va permettre de diversifier les profils. Le système de santé tombe en quenouille, c'est un peu désespérant d'entendre ce discours-là ". Sortir les Unités de formation et de recherche (UFR) de Médecine/Santé du statut dérogatoire en renforçant leur prérogative sur les postes universitaires; - Proposition 18: Instaurer un processus de recertification labellisé par les Conseils nationaux professionnels (CNP) et l'Université, s'inscrivant dans une logique d'uniformisation européenne; - Proposition 19: Création d'un Compte personnel de formation (CPF) en euros mobilisable simplement via une application mobile comme le prévoit la réforme actuelle pour les salariés des entreprises.

"C'est trop frais pour en parler, on ne sait pas encore comment se positionner, répond au HuffPost la prépa privée Médical Sciences à Bordeaux, qui propose un enseignement parallèle en médecine à 3000 euros l'année".

Si l'objectif affiché n'est pas de réduire les dépenses de santé, ni de fermer des hôpitaux, l'exécutif espère dégager d'importantes marges de manoeuvre en réduisant le nombre d'examens médicaux "inutiles", dont le coût est estimé entre 10 et 20 milliards d'euros.

Pas question pour autant d'ouvrir les vannes. Aujourd'hui, c'est officiel: l'horrible numerus clausus n'existera plus en 2020.

"Une refonte qui réjouit certains tout en soulevant de nombreuses questions". Supprimée, aussi, la première année commune en santé (Paces) et son concours redouté. Au-delà, il souhaite que "l'exercice isolé" de la médecine de ville "disparaisse" d'ici la fin du quinquennat.

La suppression du numerus clausus n'aura dans tous les cas pas un effet immédiat. " Nous subissons actuellement les conséquences des politiques d'il y a plusieurs années, déclare-t-il". Mais à quoi ressembleront les études de santé à la rentrée 2020?

"Numerus clausus" est l'une des nombreuses méthodes utilisées pour limiter le nombre d'étudiants pouvant étudier dans une université. Pour l'heure, ces questions restent en suspens.

Par ailleurs, l'Ondam va être relevé en 2019.

D'autres se demandent s'il ne s'agit pas de reculer pour mieux sauter.

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