Vers la création d'"assistants médicaux" pour soulager les médecins — Plan santé

22 Septembre, 2018, 00:38 | Auteur: Jonathan Ford
  • Politiques médecins personnel hospitalier... Le plan santé fait réagir

La première année commune aux études de santé (Paces) donne actuellement lieu à un concours très exigeant: sur les quelque 60.000 étudiants inscrits, seulement 13.500 ont été autorisés cette année à poursuivre leur cursus en médecine, odontologie (dentaire), pharmacie ou maïeutique (sages-femmes).

Concernant le problème chronique des déserts médicaux, le Président a fait valoir que son long "compagnonnage " avec le corps médical (ses deux parents sont médecins) lui avait fait comprendre que toute coercition était vouée à l'échec. Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et met la main à la poche pour y parvenir. Le plan global sera doté d'un budget de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022.

Dans le détail, près d'1,6 milliard d'euros sera consacré à "la structuration des soins dans les territoires", 920 millions à l'investissement hospitalier, 500 millions à la "transformation numérique" et 420 millions à "l'évolution des métiers et des formations".

Débarrasser les médecins des tâches chronophages et répétitives, pour qu'ils puissent accueillir et soigner plus de patients: tel est le double objectif visé par la création d'"assistants médicaux", un nouveau type de métier qui a de bonnes chances d'être annoncé dans le plan Santé dévoilé ce mardi par le gouvernement.

Médecins de ville et hôpitaux de proximité devront travailler ensemble. Cette mesure doit faciliter la prise en charge de nouveaux patients et raccourcir les délais d'attente et l'organisation des consultations sans rendez-vous. En revanche, le président s'est refusé à recourir à la "contrainte" pour obtenir des tours de garde les nuits et les week-ends.

Le président de la République a également confirmé que l'exécutif allait faire un effort pour permettre à 400 médecins généralistes et salariés des hôpitaux d'exercer dans les territoires prioritaires et les déserts médicaux dès 2019.

Surtout, la carte hospitalière va être rebattue.

Un statut d'hôpital "de proximité" sera créé par une loi en 2019 pour les 600 plus petits établissements, qui se concentreront sur "la médecine, la gériatrie, la réadaptation, les soins non programmés", a-t-il précisé.

Les blocs chirurgicaux et les maternités seront regroupés dans les plus gros établissements pour leur assurer une activité plus importante, gage de sécurité.

En revoyant le financement des hôpitaux, le gouvernement entend faire en sorte que la tarification à l'activité (T2A) ne constitue désormais pas plus "de 50% des modes de financement" et que la partie du financement dédié à la qualité et au parcours du soin prenne une place prépondérante.

Pour le chef de l'Etat, "l'hôpital est au bout de ce qu'il peut faire pour pallier notre désorganisation collective et c'est particulièrement vrai pour nos services d'urgence". Urgences "engorgées", psychiatrie "en crise", étudiants en médecine "qui souffrent": ces dernières semaines, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a multiplié les diagnostics alarmants. M. Macron a affirmé vouloir que plus aucun médecin de ville ne travaille seul d'ici "à horizon de janvier 2022".

"Avoir du personnel en plus, ça sera toujours mieux". "Certaines activités devront fermer", a prévenu M. Macron, en détaillant la réorganisation de l'offre en trois catégories.

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