Numerus clausus, assistants médicaux: les mesures du plan santé

18 Septembre, 2018, 12:42 | Auteur: Jonathan Ford
  • Le Professeur Pierre Clavelou doyen de la faculté de médecine à l'UCA

Un train de mesure très attendu qui doit, selon Emmanuel Macron remettre sur pied un système de santé à bout de souffle entre des urgences "engorgées", des personnels exténués et un secteur psychiatrique en état d'urgence absolu. De même source, on précise que les crédits de l'assurance maladie augmenteront plus que prévu l'an prochain: 2,5% au lieu de 2,3%, soit près de 400 millions d'euros en 2019. Ce texte inclura aussi une refonte des études de santé, avec la suppression en 2020 de la première année commune en médecine, dentaire, pharmacie et maïeutique (sages-femmes), et la fin du numerus clausus, qui fixait les quotas de places en deuxième année depuis un demi-siècle. En cumulé d'ici la fin du quinquennat, ce sont ainsi 1,6 milliard d'euros qui sont "garantis" pour "accompagner la réforme", a affirmé une source proche du dossier. Voici ce que contient ce plan.

Le plan global sera doté d'un budget de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022, a indiqué le ministère de la Santé à l'AFP.

4000 asistants médicaux seront déployés pour aider les médecins en 2019. La sélection ne disparaîtra pas pour autant, l'idée étant plutôt de " diversifier les profils " des étudiants et de " favoriser les passerelles " entre les cursus médicaux. Pour le remplacer, la ministre de la santé Agnès Buzyn évoque des examens "qui sanctionneront le passage en deuxième puis en troisième année comme dans toutes les filières". Une rallonge qui financera notamment la création de 4 000 postes d'" assistants médicaux ", qui auront pour mission de " décharger " les médecins des tâches administratives et de certains " actes simples comme une prise de tension ou de température ". Ce "n'est plus supportable, c'est un gâchis", avait-elle insisté.

Mais le gouvernement lorgne aussi le gisement d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A). Il va, en outre, rebattre la carte hospitalière, pour " organiser une vraie gradation des soins ", notamment en regroupant les blocs chirurgicaux et les maternités dans les plus gros établissements, pour leur assurer une activité plus importante, gage de qualité.

Dès 2019, de nouveaux financements seront mis en oeuvre pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, obligeant hôpitaux et professionnels de santé libéraux à se coordonner et à partager une rémunération forfaitaire. Moins d'une semaine après le plan pauvreté, cet acte II de la rentrée sociale du président de la République s'articule autour de trois grandes orientations et comporte une cinquantaine de mesures, dont la suppression de l'emblématique numerus clausus et de la première année commune aux études de santé. Cette meilleure " pertinence " des soins sera aussi mesurée par une batterie d'indicateurs, y compris la satisfaction des patients, qui pourraient être rendus publics.

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