Nouvelle passe d'armes entre Salvini et Asselborn sur la politique migratoire

17 Septembre, 2018, 00:30 | Auteur: Lynn Cook
  • Nouvelle passe d'armes entre Salvini et Asselborn sur la politique migratoire

La réplique du chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a été cinglante.

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de file de la Ligue (extrême droite), a comparé les migrants africains à des esclaves, jeudi 13 septembre, lors d'une conférence sur les migrations et la sécurité organisée par l'Autriche.

Immigration: le "merde alors!". J'ai entendu quelques collègues dire avant moi (NDLR: dont Jean Asselborn) qu'on a besoin d'immigration parce que la population européenne vieillit.

"J'ai une perspective complètement différente. Je pense être au gouvernement (.) pour aider nos jeunes à recommencer à faire des enfants (.) et non pour extirper le meilleur de la jeunesse africaine", avait dit à Vienne M. Salvini. Dans une vidéo que son entourage a diffusée sur Facebook, on voit Matteo Salvini prendre la parole à une réunion des ministres européens de l'Intérieur pour dénoncer l'idée selon laquelle l'Europe vieillissante a besoin d'immigrés.

Devant cette logorrhée, aux relents racistes, Jean Asselborn sent la moutarde lui monter au nez - on entend des "Allez", "dedieu ", "c'est abusé " -. Puis il s'emporte alors franchement: "Au Luxembourg, cher Monsieur, on avait des dizaines de milliers d'Italiens!" "Peut-être qu'au Luxembourg il y a ce besoin, mais nous en Italie, nous ressentons le besoin d'aider nos enfants à faire d'autres enfants et non pas d'avoir de nouveaux esclaves pour remplacer les enfants que nous ne faisons plus".

Jean Asselborn faisait allusion à la période des "Trente glorieuses", années durant lesquelles les pays d'Europe du Nord, en plein boom économique, ont fait venir une main-d'œuvre étrangère de pays d'Europe du Sud et d'Afrique du Nord. "Quelqu'un de bien éduqué m'aurait laissé terminer mon intervention", remarque seulement Matteo Salvini, avant de repartir dans un argumentaire contre les passeurs de migrants.

Le ministre autrichien de l'Intérieur Herbert Kickl a appelé vendredi au volontarisme pour mettre en oeuvre le projet européen de "plateformes de débarquement" en Afrique des migrants secourus en Méditerranée, qui n'a pour l'heure fait l'objet d'aucune avancée concrète.

Entre le Luxembourg et l'Italie, la question des migrants suscite de très fortes tensions ce week-end.

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