Monde: Les eurodéputés veulent sanctionner la Hongrie

15 Septembre, 2018, 09:40 | Auteur: Lynn Cook
  • La Hongrie d'Orban huit ans de réformes controversées

Pour la première fois, le Parlement européen fait usage de son droit de lancer la procédure dite de l'article 7 et demande aux membres de l'UE d'agir pour prévenir d'un "risque de violation graves de ses valeurs" en Hongrie.

A noter qu'il y a toutefois un précédent à l'emploi de l'article 7: en décembre 2017, c'est la Commission européenne qui lançait le processus contre la Pologne.

Si le Premier ministre hongrois n'a pas encore brisé l'Europe, il a en tout cas déjà éparpillé façon puzzle la droite européenne et son parti majoritaire à Strasbourg, le PPE.

Décision politiquement symbolique, ce vote lance une longue procédure dont l'issue est incertaine. Il y a eu le "discours sur l'état de l'Union", prononcé par Jean-Claude Juncker, dans lequel il a appelé à une "souveraineté européenne" partagée.

"La décision d'aujourd'hui n'est rien de moins qu'une petite vengeance des politiciens pro-immigration contre la Hongrie", a aussi déclaré le chef de la diplomatie hongroise à Budapest, à l'issue d'une réunion gouvernementale. Néanmoins, c'est la deuxième fois en un an qu'elle est déclenchée.

Elle en est pour l'instant à un stade préliminaire, après l'audition de Varsovie fin juin par le Conseil des ministres des Affaires européennes.

C'est dire si les élections qui ont eu lieu dans l'Union ces derniers mois en Autriche, Hongrie, Allemagne, Italie, Suède, etc., qui toutes indiquent une volonté des peuples européens de retrouver leur souveraineté et de protéger leur identité culturelle, voire religieuse, inquiète cette assemblée de notables, voués aux oligarques et aux étrangers, qui sentent leurs sièges vaciller sous leurs séants, tandis que les élections européennes de 2019 pointent à l'horizon. De son côté, la France a salué la position du Parlement européen, évoquant un "signal très fort".

Le parlement européen a approuvé le déclenchement d'une procédure de sanctions contre la Hongrie pour non-respect des valeurs fondamentales de l'Union européenne. L'organe parlementaire regrette également les multiples violations de la démocratie et des droits de l'homme constatées par les institutions européennes depuis l'arrivée au pouvoir du Fidesz, le parti de Viktor Orban. En cause notamment, les menaces sur l'indépendance de la justice, la liberté des médias, la liberté académique ou le sort fait aux migrants et à ceux qui leur portent assistance. La majorité requise était des deux tiers des suffrages exprimés.

La résolution transmise aux États membres a été adoptée par 448 contre 197 et 48 abstentions. Elle a été atteinte malgré le soutien apporté à Budapest par les différents groupes politiques d'extrême droite et eurosceptiques.

Viktor Orban a en revanche été lâché par le Parti populaire européen, auquel appartient le Fidesz.

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