Affaire Benalla. Tension après un coup de fil de Macron au Sénat

14 Septembre, 2018, 09:10 | Auteur: Lynn Cook
  • Alexandre Benalla était chargé de mission à l'Elysée

Alexandre Benalla y exprime en effet une colère assez inouïe envers les sénateurs.

Il va s'expliquer mercredi prochain devant les sénateurs et les caméras. Vincent Crase, ancien employé de La République en marche (LaREM) présent à ses côtés le 1er mai, sera auditionné le même jour à 10h30.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait justifié en début de semaine le refus d'audition d'Alexandre Benalla, estimant qu'au nom de la séparation des pouvoirs, il ne devait "pas y avoir d'interférence entre une commission d'enquête parlementaire et une information judiciaire".

"Je peux vous dire qu'en voyant cette vidéo, j'ai été choqué, j'ai vu à la fois une scène d'affrontement violent (.) une scène d'intervention d'une personne qui est manifestement M. Benalla, et qui à l'évidence a agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République", a déclaré le chef de cabinet du président de la République, François-Xavier Lauch, concernant la violence des images montrant Alexandre Benalla s'en prendre à un manifestant le 1er mai. Mais son avocat a fait valoir que ses activités à l'Élysée étaient couvertes par "le secret professionnel" et que son client était "habilité secret défense". Pourtant, ce nouvel emploi ne le satisfait manifestement pas: d'après les informations de RTL, Alexandre Benalla travaille à sa reconversion. "Afin d'éviter les poursuites judiciaires dont on me menace, je vais être contraint de me rendre devant cette commission si une convocation officielle m'est adressée", a indiqué l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron.

Sa conclusion est lapidaire, rappelant qu'il n'a "aucun respect" pour le "Sénat français": "Aujourd'hui, le Sénat bafoue les règles fondamentales de la démocratie française qui sont celles de la séparation des pouvoirs". "Je viendrai devant M. Philippe Bas. Je vais venir. Et je dirai ce que j'ai à lui dire".

Mais les élus ne pourront pas interroger Alexandre Benalla sur ses agissements du 1er mai, directement visés par la justice.

L'appel a été passé ce mardi, à la vieille de la reprise de la commission d'enquête chargée de l'affaire Benalla, révèleL'Obs.

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