Le Premier ministre appelle l'opposition au dialogue en l'absence de majorité — Suède

13 Septembre, 2018, 13:13 | Auteur: Lynn Cook
  • Un bureau de vote à Malmö le 9 septembre 2018

"Cela n'a pas empêché le leader de l'extrême droite de faire la fête toute la nuit, car malgré tout, son score progresse et surtout, il se retrouve aujourd'hui dans une position-clé dans le jeu politique suédois".

Alors que les Suédois se rendent aux urnes ce dimanche, la montée des Démocrates de Suède (SD), le parti nationaliste crédité de 17 à 25% des voix, inquiète et soulève des questions.

De son côté l'extrême droite, alors qu'elle espérait renverser la table, est loin de réaliser la percée annoncée par son président, Jimmie Åkesson, qui disait encore dimanche miser sur entre "20 et 30%" des voix. Selon une projection de la télévision publique SVT, le centre-gauche obtiendrait 145 sièges sur 349 au Riksdag, contre 141 au camp bourgeois. C'est son plus mauvais score depuis l'introduction de la proportionnelle en 1911.

Pour la seule année 2015, la Suède a enregistré 160.000 demandes d'asile, soit la plus forte proportion d'Europe, rapportée au nombre d'habitants. "Il doit démissionner", a lancé Ulf Kristersson à ses partisans. Malgré tout, le parti est parvenu à remporter 28,4% des voix, conservant une première place claire alors qu'il s'agit du pire résultat électoral du parti en cent ans.

Alors que le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven présentait ces législatives comme un " référendum pour l'État-providence", l'extrême droite en a fait un plébiscite contre sa politique migratoire. Une progression que l'on peut qualifier de spectaculaire qui s'explique principalement par les vagues de migration que la Suède connaît depuis 2012. Cet afflux a fortement contraint les capacités d'accueil du pays, saturé ses centres pour réfugiés, ses services sociaux et l'offre de logement.

"En septembre 2015, Stefan Löfven justifiait l'ouverture au nom d'" une Europe qui n'édifie pas de murs ". Ce sont dans tous les cas de longues semaines, voire des mois, de négociations qui se profilent pour essayer de bâtir un gouvernement.

- Discuter avec l'extrême droite? À l'image du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), les Démocrates de Suède dénoncent l'immigration comme une menace " culturelle " et réclament le renvoi de centaines de milliers de personnes.

Gauche et droite n'ont cohabité qu'à de rares occasions et l'accord, très impopulaire à droite, conclu en 2014 pour faire barrage aux Démocrates et permettre au parti le mieux représenté au parlement de gouverner s'est rapidement effondré.

La Suède se réveillait ce lundi avec une certitude: le scrutin est passé mais le plus douloureux est à venir.

"Quoi qu'il arrive, la formation d'un gouvernement s'annonce d'ores et déjà bien compliquée", estime RFI: "le Premier ministre Stefan Löfven a pris les devants et déjà déclaré qu'il ne démissionnerait pas".

Cette élection a signé " l'enterrement de la politique de blocs ", a ajouté le chef de gouvernement, rappelant les partis de centre-droit à leur " responsabilité morale ".

Ce ne sera pas facile, tant centristes et libéraux ont dit et redit leur refus d'un "pacte avec le diable". Un choix qui risque toutefois d'être compliqué alors que "sept sympathisants conservateurs sur dix ne veulent pas entendre parler d'une main tendue à l'extrême droite".

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