Emmanuel Macron annonce le revenu universel d'activité — Plan pauvreté

13 Septembre, 2018, 18:50 | Auteur: Aubrey Nash
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Fidèle à la métaphore utilisée depuis le début de son quinquennat, invitant "les premiers de cordée" à ne "pas oublier les derniers de cordée", le président de la République a annoncé toute une série de mesures touchant à de nombreux domaines.

"Refuser la fatalité sociale, c'est lutter contre ce déterminisme qui, dès l'enfance, détruit des trajectoires de vie (.) Il y a dans chaque enfant, à commencer par un enfant qui naît dans une famille pauvre, un Mozart qu'on assassine parce qu'on décide de fait qu'il n'a aucune chance de devenir Mozart", a ajouté le chef de l'Etat.

"Je n'ai jamais cru à un revenu universel sans condition qui croit pouvoir donner quelques centaines d'euros pour solde de tout compte", a assumé Emmanuel Macron pour mieux se démarquer de son ancien rival socialiste. Il a aussi donné des gages à l'aile gauche de sa majorité, qui appelait à un tournant social de la politique gouvernementale jugée trop libérale par certains élus.

"Personne n'est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas", a-t-il souligné, en appelant "les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée". Cinquante millions seront investis pour "créer une obligation" de trouver un logement, une formation, un emploi, aux jeunes qui n'ont "pas de solution" à la sortie de ce dispositif de l'ASE.

Sont considérés comme pauvres celles et ceux qui perçoivent moins de 1.026 euros par mois (pour une personne seule), c'est-à-dire moins de 60% du revenu médian de la population.

Le gouvernement a prévu de mobiliser 4 milliards d'euros répartis sur quatre ans, jusqu'à la fin du quinquennat, et ses mesures sont déjà "entièrement financées", selon l'Elysée.

Elle s'appuiera sur deux "piliers", la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes, et l'aide à la réinsertion vers l'emploi. Parallèlement, Benoît Hamon envisageait le versement d'un revenu d'existence à tous les jeunes de 18 à 25 ans "quel que soit leur niveau de ressource". Des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu'elles repèrent les décrocheurs du système scolaire et leur proposent des formations.

L'idée? Développer des repas à 1 euro dans les cantines des petites communes et des quartiers prioritaires pour les enfants les plus défavorisés, car "l'alimentation est un droit fondamental des enfants qui peine à être garanti", a déclaré le chef de l'Etat.

Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi une "loi en 2020" visant à créer "un revenu universel d'activité" qui fusionnerait plusieurs prestations sociales pour "garantir un seuil minimal de dignité" à tous, lors de la présentation du plan pauvreté.

Le futur revenu universel d'activité vise cependant à "simplifier un système qui, par sédimentation (.) produit de la confusion et de l'inéquité", a-t-elle expliqué.

Un contrat sera passé avec les départements et leurs services d'aides sociales à l'enfance (ASE). Tout en jurant que le revenu universel version Macron ne sera pas l'arbre qui cache la forêt d'une réduction des aides sociales.

En matière de santé, la CMU (couverture maladie universelle) sera étendue à plusieurs millions de personnes pour qu'elles bénéficient d'une complémentaire santé. Il promet ainsi un " développement massif des dispositifs d'insertion par l'activité économique ", estimant que " le retour au travail est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté ". L'ambition est d'étendre ces dispositifs à 100.000 bénéficiaires supplémentaires d'ici 2022, contre 140.000 aujourd'hui. Chantiers d'insertion, territoires zéro chômeurs, Travail alternatif payé à la journée (Tapaj). Emmanuel Macron, qui s'était emporté en juin contre +le pognon de dingue+ que représentent les aides sociales, a en outre appelé à "repenser les minima sociaux", un véritable "maquis" selon lui. "Une personne n'a peut-être pas vocation à retrouver un emploi à temps complet", reconnaît le chef de l'Etat.

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