Le bastion rebelle d'Idlib, en Syrie, visé par d'intenses frappes russes

10 Septembre, 2018, 18:37 | Auteur: Lynn Cook
  • Le régime syrien et l\'armée russe prêts à attaquer Idleb

Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l'échec d'un sommet tripartite à Téhéran ayant réuni les présidents russe, turc et iranien qui avaient pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.

Le régime syrien et son allié russe ont bombardé dimanche à coup de missiles et de barils d'explosifs la province, alors que samedi les avions de chasse russes y avaient mené les frappes les "plus intenses " en un mois, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une offensive contre Idleb pourrait faire jusqu'à 800.000 déplacés et provoquer "une catastrophe humanitaire", avertissent les Nations unies.

Devenus incontournables dans le conflit, l'Iran, la Russie et la Turquie pilotent le processus d'Astana, série de discussions de paix lancée après l'intervention militaire russe de 2015, qui a totalement changé la donne dans cette guerre en remettant en selle le président Bachar Al-Assad.

Selon le correspondant de l'AFP, les raids aériens et frappes d'artillerie ont visé plusieurs localités, dont Khan Cheikhoun, Latamné et al-Tamania.

Ces frappes ont visé un hôpital, désormais inopérant.

Les bombardements ont provoqué des destructions et de nombreux dégâts dans plusieurs habitations.

" La majorité de ces déplacés sont arrivés dans le nord d'Idleb (.) près de la frontière turque", a-t-il précisé.

Depuis jeudi, des centaines de familles ont fui leurs localités dans le secteur sud d'Idleb.

La Russie a de son côté affirmé samedi avoir des "preuves irréfutables" que les rebelles préparaient une "provocation" imminente à Idleb, sans pour autant dire en quoi elle consistait.

Déterminé à reprendre l'ensemble du territoire, le pouvoir de Damas a massé des renforts aux abords de la province, frontalière de la Turquie et dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), mais qui accueille aussi d'importantes factions rebelles.

La Russie et l'Iran, tous deux alliés du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie ont ainsi échoué à surmonter leurs divergences, en convenant toutefois de continuer à "coopérer" en vue d'une solution pour éviter les pertes civiles. L'idée d'un cessez-le-feu proposée par Ankara ne convainc pas Moscou.

"Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national, et doit le faire", a fait valoir vendredi Vladimir Poutine, rejetant un appel de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à un accord de "cessez-le-feu".

Au total, quelque trois millions d'habitants vivent à Idleb et dans les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l'ONU.

Les participants agitaient des drapeaux aux couleurs de la révolution syrienne, avec trois étoiles rouges, et exhibaient les portraits de "martyrs", dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre ayant fait plus de 350.000 morts.

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