Un troisième sommet entre le Nord et le Sud — Corée

08 Septembre, 2018, 08:51 | Auteur: Lynn Cook

Elle s'ouvre sur cette scène étonnante, qui se déroule en 1997, à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord: avant de rencontrer l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, "Vénus noire", un espion du Sud, est prié de se faire beau.

"Je crois que ce sera une lettre positive", a-t-il ajouté alors que les discussions sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne viennent de connaître une phase difficile.

Les dates de la réunion ont été finalisées mercredi lors d'une visite à Pyongyang de M. Chung, qui a remis au dirigeant nord-coréen une lettre de M. Moon.

Au cours de ce face-à-face prévu du 18 au 20 septembre, les deux dirigeants discuteront de questions comme "les mesures pratiques" à prendre pour dénucléariser la péninsule, a déclaré à la presse Chung Eui-yong, le conseiller à la sécurité nationale du chef de l'Etat sud-coréen.

L'agence officielle nord-coréenne KCNA a également rapporté que M. Kim avait réitéré sa volonté de dénucléarisation. De quoi impatienter Washington dont l'objectif porte sur une "dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible".

Mais les négociations de suivi entre Washington et Pyongyang patinent depuis des semaines, comme l'a encore illustré l'annulation surprise le mois dernier par Donald Trump d'un nouveau voyage en Corée du Nord de son secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Jusqu'ici, les Nord-Coréens ont attribué l'impasse aux méthodes de "gangster" des Américains, accusés de vouloir obtenir leur désarmement unilatéral sans faire de concession à chaque étape et sans alléger la pression ni les sanctions.

C'est entre les mains de Séoul que se place maintenant l'espoir de donner un second souffle à l'élan diplomatique qu'a impulsé le rapprochement entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump. Malgré tout, Kim Jong-un a cependant assuré que "sa confiance en Donald Trump restait inchangée", ainsi que son désir de travailler étroitement avec les États-Unis, a souligné l'émissaire sud-coréen.

Le dirigeant nord-coréen a cité le démantèlement du site d'essais nucléaires de Punggye-ri, où "les tests nucléaires ne seront plus possibles pour de bon". Merci au président Kim.

Le troisième sommet intercoréen pourrait contribuer à débloquer la situation, juge Lim Eul-chul, professeur à l'école des études nord-coréennes de l'Université Kyungnam.

Le président sud-coréen a dit espérer que le sommet entre le Nord et le Sud "relancera le dialogue entre les Etats-Unis et la Corée du Nord".

Pyongyang voudrait des contreparties rapides, voire préalables, en échange d'avancées vers une dénucléarisation, comme une déclaration ou même un traité pour mettre fin formellement à la guerre de Corée, qui ne s'est conclue en 1953 que par un simple armistice.

Certains responsables américains et les conservateurs sud-coréens craignent qu'une telle déclaration n'enfonce un coin dans l'alliance de sécurité entre les Etats-Unis et Séoul en la privant de ses arguments en faveur du déploiement en Corée du Sud de 28.000 soldats américains.

En dépit de ces couacs, les autorités nord-coréennes affichent un ton optimiste, notamment en ce qui a trait aux relations avec son voisin du Sud. "J'étais plutôt soulagé car cela signifiait que j'avais gagné l'entière confiance du Nord", confie-t-il à l'AFP.

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