Des manifestants à Idleb appellent Ankara à empêcher l'offensive du régime — Syrie

08 Septembre, 2018, 16:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Syrie: l’avertissement de Trump sur Idlib

"Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national, et doit le faire", a déclaré M. Poutine, lors d'un sommet à Téhéran consacré à la situation en Syrie avec ses homologues iranien et turc.

Au cours d'une table-ronde devant la presse, Hassan Rohani et Vladimir Poutine ont ainsi insisté sur la nécessité de continuer à combattre "le terrorisme" en Syrie tout en limitant les dommages pour les civils pendant que Recep Tayyip Erdogan réclamait un "cessez-le-feu" à Idlib, ultime grand bastion rebelle et djihadiste, situé dans le nord-ouest du pays.

Ils ont néanmoins "rejeté toute tentative de créer des faits accomplis sur le terrain sous prétexte de lutte contre le terrorisme et exprimé leur détermination à s'élever contre les projets séparatistes visant à saper la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie".

Devenus incontournables dans le conflit, l'Iran, la Russie et la Turquie pilotent le processus d'Astana, série de discussions de paix lancée après l'intervention militaire russe de 2015, qui a totalement changé la donne dans cette guerre en remettant en selle le président Bachar Al-Assad. Le processus d'Astana a éclipsé les négociations de Genève dirigées par l'ONU. "Nous avons discuté de mesures concrètes pour une stabilisation par étapes dans la zone de désescalade d'Idleb, qui prévoient notamment la possibilité pour ceux qui sont prêts au dialogue de passer un accord", a déclaré Vladimir Poutine à l'issue de ce sommet tripartite sur la guerre en Syrie, organisé à Téhéran avec Recep Tayip Erdogan et Hassan Rohani.

"Il faut des routes d'évacuation dans toutes les directions, est, nord, sud", a-t-il déclaré.

Vladimir Poutine a de son côté soutenu l'appel à déposer les armes lancé à tous les terroristes, mais a toutefois pointé du doigt le refus de l'opposition armée de négocier.

Ces bombardements sur cette province que le président syrien Bachar al-Assad et la Russie menacent d'un assaut ont tué au moins quatre civils, dont deux enfants selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Idlib est le dernier grand bastion rebelle et jihadiste en Syrie. C'est là qu'ont été envoyés des dizaines de milliers de rebelles et de civils évacués d'autres places fortes de l'opposition repris par les forces loyalistes à travers le pays. Et cela fait plusieurs semaines que l'armée de Damas, déterminée à reconquérir l'intégralité de son territoire, masse des renforts aux abords d'Idlib.

Quelque trois millions d'habitants vivent dans la province d'Idleb et les quelques poches insurgées dans les provinces voisines de Hama, Alep ou encore Lattaquié, selon l'ONU. Dans un communiqué commun, Russie, Turquie et Iran ont dit vouloir agir dans "un esprit de coopération".

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