Trump coupe l'aide aux réfugiés palestiniens — USA

01 Septembre, 2018, 21:50 | Auteur: Lynn Cook
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"L'administration a attentivement examiné la question et est venue à la conclusion que les États-Unis n'effectueront plus de versements à l'agence", a souligné la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert. "Depuis sa création, l'Unrwa ne fait que perpétuer le statut de réfugié et à travers son système éducatif, enseigne à des millions de Palestiniens que grâce à la lutte armée 'ils 'rentreront' un jour dans une Palestine débarrassée des Juifs (...) J'explique à tous les diplomates étrangers et des représentants de pays donateurs que je rencontre que ce n'est qu'en imposant de fortes sanctions à l'Unrwa que cette organisation de l'ONU pourra revenir à sa fonction première et trouver une solution réaliste pour les réfugiés au lieu de maintenir ce statut de père en fils".

Washington avait déjà réduit sa contribution en 2018, passant de 350 à 60 millions de dollars.

"Les États-Unis ne vont plus promettre de financements supplémentaires pour cette opération irrémédiablement biaisée", a insisté Heather Nauert, accusant l'agence d'augmenter "sans fin et de manière exponentielle" le nombre de Palestiniens éligibles au statut de réfugié. Une responsable de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a de son côté dénoncé une décision "cruelle et irresponsable".

Ensuite, en annonçant il y a une semaine l'annulation de plus de 200 millions de dollars d'aide bilatérale aux Palestiniens - soit la quasi-totalité de l'assistance américaine hors coopération en matière de sécurité.

Craignant un manque de fonds, l'agence avait un temps évoqué devoir fermer de façon permanente les plus de 700 écoles qu'elle gère, après des fermetures temporaires.

Mahmoud Moubarak, directeur des comités populaires en charge des 19 camps de réfugiés en Cisjordanie occupée, accueillant environ 500.000 Palestiniens, a averti des "répercussions très graves" de la décision américaine. A Gaza, enclave surpeuplée sous blocus israélien où la plupart des enfants fréquentent les écoles de l'Unrwa, la décision américaine suscite de vives craintes au sujet de l'éducation. Selon Hugh Lovatt, un expert au think-thank European Council of Foreign Relations, la décision américaine est une façon de chercher à "écarter unilatéralement (le sujet du) droit au retour des (réfugiés) Palestiniens de la table des négociations".

La décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Al-Qods comme capitale d'Israël, fin 2017, a marqué une rupture entre les Etats-Unis et les dirigeants palestiniens. "S'ils arrêtent complètement leur aide, cela aura un impact majeur sur nos enfants", a déploré Abou Mohammed Houweila, 40 ans, du camp de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.

Pour un autre habitant de Gaza, Hicham Saqallah, cette décision pourrait mener à une hausse des violences.

L'ONU a dit "regretter" la décision américaine, estimant que l'Unrwa contribuait "à la stabilité de la région". Elle a rappelé que l'Unrwa avait été fondée par les États-Unis. D'ici fin septembre, l'agence "n'aura plus un sou", avait averti mercredi son porte-parole, Chris Gunness.

"Les gens vont devenir plus désespérés et marginalisés", a-t-il dit samedi à l'AFP, mettant en garde contre les "conséquences dramatiques (.) et imprévisibles" d'une telle mesure. Berlin a annoncé une hausse "substantielle" de la contribution allemande à l'Unrwa et appelé ses partenaires européens à en faire autant.

Elle a besoin de 200 millions de dollars d'ici la fin de l'année pour remplir sa mission et financer ses écoles et centres de santé.

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