Les voisins du Venezuela s'inquiètent de l'afflux de réfugiés

01 Septembre, 2018, 07:54 | Auteur: Aubrey Nash
  • Des migrants attendent à la frontière entre l'Équateur et le Pérou samedi

Le président Martin Vizcarra a invoqué un " danger imminent " pour la santé et pour la situation sanitaire du fait de l'exode des Vénézuéliens. "C'est une menace pour l'harmonie de tout le continent", a déclaré le chef d'Etat dans un discours télévisé. De leur côté, Colombie et Pérou travaillent déjà ensemble, annonçant mardi 28 août qu'ils échangeraient leurs informations sur les milliers de migrants qui fuient les pénuries et le régime du président Maduro, qualifié de "dictature" par l'Organisation des Etats américains (OEA).

Le Brésil a accueilli quelque 60 000 réfugiés du Venezuela à ce jour et le Pérou, qui s'attend à en recevoir un nombre total d'un demi-million, vient de restreindre leur accès à son territoire. Résultat, ces derniers fuient vers des pays voisins tels que le Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Pérou ou encore le Chili.

Dans les rues du Venezuela, les mesures économiques censées redresser le pays inquiètent plus qu'elles ne rassurent.

La Colombie et le Pérou ont annoncé cet accord à l'issue d'une première réunion à Bogota, en présence d'observateurs du Brésil et des Etats-Unis. Un nouveau rendez-vous est déjà pris pour les 3 et 4 septembre à propos de cette vague migratoire. Sur les 400'000, seuls 178'000 disposent d'une autorisation de séjour au Pérou ou sont en train d'en obtenir une. "Ils ont écouté les sirènes de l'étranger (.) et tout ce qu'ils ont trouvé à Lima est le racisme, le dédain, et la persécution", a affirmé mardi le président Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse.

Cette semaine, les Nations unies ont estimé qu'en raison de l'exode des Vénézuéliens vers d'autres pays latino-américains, la région s'acheminait vers une situation de crise comparable à celle des réfugiés traversant la Méditerranée à destination de l'Europe.

Le gouvernement péruvien a déclaré mardi l'état d'urgence sanitaire pour 60 jours dans trois districts de la région de Tumbes, à la frontière avec l'Equateur, après l'arrivée massive de migrants vénézuéliens fuyant la crise économique, selon un décret publié au journal officiel.

Assurant que ces migrants allaient très vite revenir puisqu'un plan économique censé résoudre tous les soucis du Venezuela est sur le point d'entrer en vigueur, Maduro ne semble pas se faire de soucis. Il a appelé l'Union européenne et les Etats-Unis à faire de même.

Hors du Venezuela, les signes de tension se multiplient face à l'ampleur de cette crise.

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