L'Eglise américaine révèle ses divisions après les accusations contre le pape

01 Septembre, 2018, 19:58 | Auteur: Lynn Cook
  • Accusations de couverture d'abus sexuels le pape refuse de commenter

Regrettant tout ce tumulte et surtout, la mauvaise compréhension du fond de la pensée du pape François, le Vatican a décidé de retirer du verbatim officiel la référence directe faite à la "psychiatrie", lors de ces déclarations. En Italie, le site internet spécialisé Il Sismografo, qui réalise une revue de presse mondiale sur l'actualité de l'Eglise, est sorti de ses gonds.

Carlo Maria Vigano, ancien nonce à Washington, c'est-à-dire diplomate du Vatican, juge que la "corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l'Eglise".

"J'aimerais que le pape François n'utilise pas les homosexuels pour qu'on cesse de parler des prêtres pédophiles", a commenté Catherine Michaud, présidente de GayLib. Il va même dans ce pamphlet jusqu'à réclamer la démission du pape François. Ce prélat de 77 ans y est resté entre 2011 et 2016 avant de prendre sa retraite. Selon le nonce Vigano, qui l'aurait directement informé, le pape François savait tout des moeurs de ce cardinal.

Le pape François a finalement accepté en juillet la démission du collège des cardinaux de Theodore McCarrick, 88 ans, archevêque émérite de Washington, accusé d'abus sur un adolescent, faits remontant à plusieurs décennies.

Interrogé sur ces accusations dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape a refusé de les commenter.

"En cohérence avec le principe proclamé de tolérance zéro, le pape François devrait être le premier à donner le bon exemple aux cardinaux et évêques qui ont couvert les abus de McCarrick et démissionner avec eux", estime l'archevêque italien.

Dans sa lettre au vitriol, Mgr Vigano avance que le pape Benoît XVI avait fini par sanctionner tardivement le cardinal Theodore McCarrick, vers 2009-2010, en lui interdisant notamment toute apparition publique et en lui demandant de quitter le séminaire où il vivait.

Une affaire qui secoue les fondations même du Vatican, divisant jusqu'au plus hautes instances de la superpuissance catholique; l'archevêque de Philadelphie se porte " garant " de l'intégrité de Viganò, Monseigneur Lantheaume a déclaré qu'il " disait la vérité, " tandis que le cardinal Cupish dit n'avoir, de son côté, jamais entendu parler de sanctions contre McCarrick, rappelant qu'il était du devoir de Viganò d'en informer les instances. Ainsi, il explique également que, selon lui, les abus sexuels seraient dûs à la présence de prêtres homosexuels dans l'Eglise.

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