Turquie : Mesures de la Banque centrale pour la stabilité financière

16 Août, 2018, 01:23 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan le 13 août 2018 à Ankara

Sanctions réciproques, menaces, puis annonce vendredi sur Twitter par M. Trump du doublement des droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs: les tensions entre ces deux pays alliés au sein de l'Otan sont allées crescendo ces derniers jours, emportant la monnaie turque.

Dans ses annonces lundi, la banque centrale n'a pas fait mention des taux, au grand dam des milieux économiques. La banque centrale de Turquie a en effet annoncé lundi qu'elle fournirait "toutes les liquidtés nécessaires aux banques". Lors de la journée de vendredi, elle avait perdu jusqu'à 16% de sa valeur face au dollar.

La banque centrale, a publié un communiqué lunid matin, indiquant qu'elle surveillerait "de près la profondeur des marchés et (l'évolution) des prix, et prendra toutes les mesures nécessaires pour asusrer la stabilité financière, si cela est jugé nécessaire". La livre turque s'échange aujourd'hui à 6,9 pour un dollar.

L'indice des valeurs bancaires turques est tombé à son plus bas depuis novembre 2003 sur la base des cours en dollars et les obligations bancaires en dollars, comme la dette souveraine, ont chuté, tandis que la Bourse d'Istanbul a perdu jusqu'à près de 7%, l'indice des valeurs vedettes de la Bourse d'Istanbul affichant un repli d'environ 50%, toujours en dollars, depuis le début de l'année.

Mais l'impact de cette annonce s'est estompé quelques heures plus tard lorsque le président Erdogan a accusé les Etats-Unis de vouloir "frapper dans le dos" la Turquie, provoquant un plongeon de la livre qui illustre l'inquiétude des marchés face à ces tensions diplomatiques. "Tant que Recep Tayyip Erdogan restera intransigeant, il sera compliqué de voir les investisseurs internationaux revenir en Turquie", avait souligné plus tôt Rebecca O'Keeffe, pour Interactive investor.

Le ministre des Finances a ajouté qu'un plan avait été concocté pour les banques et pour l'économie "réelle", en particulier les PME, qui sont le plus touchées par les fluctuations de change.

S'exprimant devant ses partisans à Trébizonde, une cité balnéaire de la mer Noire, Erdogan a réfuté dimanche l'idée que la Turquie était confrontée à une crise financière comparable à celle qui a touché les pays asiatiques il y a un vingtaine d'années.

Le ministre exclut que la Turquie intervienne sur les comptes bancaires en dollar, affirmant que toute saisie ou conversion de ces dépôts en livre turque étaient exclues.

Dimanche, le président Erdogan avait prévenu qu'il entendait riposter à ce qu'il a qualifié de "complot politique" américain contre la Turquie en cherchant "de nouveaux marchés et alliés".

La banque centrale avait relevé les taux en urgence en mai pour soutenir la monnaie nationale et avait récidivé le mois suivant.

La BBDK, l'organisme de tutelle du secteur bancaire turc, a fait savoir qu'il limitait les opérations bancaires sur les swaps de devises.

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