Au Venezuela, Maduro commence sa riposte

12 Août, 2018, 15:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Venezuela : après

Selon lui, la Floride abrite des "cellules terroristes" coordonnées par Osman Delgado Tabosky, qui ont activé la détonation des deux drones chargés d'explosif lors de son discours devant une parade militaire le 4 août.

Au cours d'une longue allocution radio-télévisée, M. Maduro a présenté ce qu'il considère comme des "preuves" de la réalité d'une tentative d'assassinat contre lui.

Âgé de 29 ans, Juan Requesens a été arrêté par la police secrète du régime, le service de renseignement (Sebin), avant de se voir privé de son immunité parlementaire par l'Assemblée constituante -entièrement aux mains des partisans de Nicolas Maduro- qui en a fait de même pour l'ex-chef du Parlement et leader de l'opposition, Julio Borges, réfugié en Colombie, contre lequel Caracas a émis un mandat d'arrêt international.

Pour accuser l'opposition, Nicolas Maduro dit s'appuyer sur des déclarations qui auraient été faites par des personnes, au nombre de six, arrêtées à la suite de l'incident. "Toutes les déclarations pointent vers Julio Borges, qui vit dans une propriété à Bogota protégé par le gouvernement sortant de Colombie. Nous savons qu'il est assez lâche pour participer à ce genre d'événements", a affirmé Nicolas Maduro.

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a tendu une perche aux Etats-Unis en leur suggérant de coopérer à l'enquête sur l'attentat contre sa personne dont il a imputé la responsabilité à l'opposition, celle-ci protestant ensuite contre l'arrestation d'un de ses dirigeants accusé de complicité.

Julio Borges a dénoncé mercredi auprès de l'AFP à Bogota une "farce" et une "mise en scène".

" Nous savons tous que c'est un montage pour persécuter et condamner ceux d'entre nous qui s'opposent à votre dictature".

Premier pas vers la traduction en justice, le retrait de l'immunité des députés impliqués dans cette affaire fera l'objet d'un débat ce mercredi à l'Assemblée constituante, a annoncé son président, Diosdado Cabello. Mais dans la pratique, l'Assemblée constituante - non reconnue par une grande partie de la communauté internationale - s'est arrogé ses pouvoirs.

Le président Maduro avait aussi mis en cause les États-Unis, évoquant des " financiers ", sans les nommer, qui résideraient en Floride.

Peu auparavant les annonces du pouvoir, le Parlement vénézuélien, seule institution tenue par l'opposition, a réclamé mardi l'ouverture d'une enquête impartiale sur les explosions des deux drones.

Dans une déclaration lue dans l'hémicycle, les parlementaires ont appelé à une "enquête sérieuse, objective, impartiale et concluante qui fournirait des informations précises" sur ces faits. "Nous réaffirmons que la lutte politique des Vénézuéliens doit être orientée (...) vers l'obtention d'élections libres, réunissant toutes les conditions démocratiques sous observation internationale", souligne le Parlement. "Malheureusement, un régime qui utilise la propagande et la désinformation comme méthodes systématiques n'a aucune crédibilité", avaient déploré les parlementaires quelques heures avant les annonces faites mardi par le pouvoir.

Commentant les faits survenus samedi, le Parlement a déclaré "rejeter les voies, violentes ou non, qui s'écartent des lignes directrices établies dans la Constitution".

Les députés ont confirmé "leur engagement en faveur de solutions politiques, institutionnelles et pacifiques à la crise actuelle".

L'Assemblée constituante avait avancé au 20 mai l'élection présidentielle normalement prévue pour décembre, qui a vu la réélection de Nicolas Maduro jusqu'en 2025. Produits de base, médicaments, nourriture, la pénurie fait rage au Venezuela.

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