Trump double les droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs

10 Août, 2018, 22:34 | Auteur: Aubrey Nash
  • «Ils ont des dollars, nous avons Allah !» : la livre turque en chute libre, Erdogan maintient le cap

Le communiqué ajoute que la Turquie a toujours préconisé la solution des problèmes "par la voie de diplomatie, du dialogue, de la bonne volonté et de la compréhension mutuelle".

La monnaie turque avait déjà cédé plus de 5 % face à la devise américaine jeudi, au lendemain de discussions infructueuses entre des diplomates américains et turcs de haut rang en vue d'apaiser les différends entre leurs deux pays qui ont imposé la semaine dernière des sanctions réciproques à des responsables gouvernementaux. Ces droits, précise-t-il sur Twitter, seront désormais de 20% sur l'aluminium et de 50% sur l'acier.

La livre turque, qui a perdu près de 40% de sa valeur face au billet vert depuis le début de l'année, s'échangeait à 6,6115 livres contre un dollar à 13H35 GMT, soit une baisse vertigineuse de 19% sur la journée.

Ces tensions diplomatiques ne sont pas étrangères à l'épisode de turbulences que connaît le cours de la libre turque, mais les marchés s'inquiètent plus généralement de la politique économique du président Recep Tayyip Erdogan, qui se targue d'être "l'ennemi des taux d'intérêts", refusant de rehausser ceux-ci, comme le lui conseillent de nombreux économistes, afin d'endiguer l'inflation galopante qui a atteint 16% en juillet en rythme annuel. "Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques".

Cette chute survient à quelques heures d'un discours attendu du ministre des Finances et gendre du président Recep Tayyip Erdogan, Berat Albayrak, qui doit présenter le "nouveau modèle économique" du pays.

Cet effondrement qui pousse la Turquie vers une crise monétaire survient sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington et de défiance croissante des marchés envers l'équipe économique de M. Erdogan.

C'est son plus bas niveau historique à ce jour. "Nous ne perdrons pas cette guerre économique", avait auparavant lancé le président turc qui a pointé un doigt accusateur en direction d'un mystérieux "lobby des taux d'intérêt".

"S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah!".

Cette préoccupation a dépassé les frontières turques vendredi avec la parution d'un article du Financial Times selon lequel la Banque centrale européenne s'inquiète d'une éventuelle contagion de cette crise monétaire à certaines banques européennes très présentes en Turquie. "Cependant, il semble que la rapidité de la chute (de la livre) renforce les inquiétudes d'une possible exposition de banques européennes au système bancaire turc", souligne Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

La livre turque, à l'agonie depuis plusieurs jours, enregistrait vendredi une chute abyssale de sa valeur accélérée par l'annonce américaine d'une forte hausse des taxes à l'importation et des déclarations virulentes du président Erdogan dénonçant une "guerre économique".

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