Argentine : le Sénat rejette la légalisation de l'avortement

10 Août, 2018, 05:12 | Auteur: Lynn Cook
  • Manifestation à l'appel des églises évangéliques contre le projet de légalisation de l'avortement le 4 août 2018 à Buenos Aires en Argentine

38 sénateurs ont dit "non" au texte autorisant l'IVG pendant les 14 premières semaines de grossesse, 31 ont voté en faveur et deux se sont abstenus.

Dans le pays natal du pape François, également anti-avortement, le combat pour la légalisation de l'IVG n'était pas gagné d'avance, malgré l'avis favorable des députés du mois de juin dernier.

Le prélat qualifie de "moderne" la position du mouvement anti-avortement et lui oppose les pratiques abortives, selon lui "de vieilles lois du siècle passé" qui doivent être remplacées par des "propositions du 21e siècle et pas des vieilles propositions de mort du 20e siècle".

Du côté des pro-IVG, une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les camps du "oui" et du "non" au projet de loi, lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers anti-émeutes.

Le texte légalisant l'IVG au cours des 14 premières semaines de grossesse avait été adopté de justesse par les députés le 14 juin (129 voix pour, 125 contre).

Après plus de seize heures de débat, le Sénat argentin a rejeté la légalisation de l'avortement malgré la forte mobilisation des organisations féministes.

Toute la journée de mercredi, les foulards verts, symboles de la lutte pour le droit à l'avortement, ont été agités sur la place du Congrès, avec l'espoir, même infime que la loi soit adoptée. Au Sénat, chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quel que soit son poids démographique. D'après différentes estimations, environ 500.000 avortements clandestins sont réalisés chaque année dans le pays pour 720.000 naissances. Le débat parlementaire s'est poursuivi jusqu'à tard dans la nuit de mercredi soir. Pendant ce temps, la place du Congrès était divisée en deux, à l'image de la société argentine sur la question l'avortement.

Les partisans de la légalisation, eux, devront désormais attendre 2020 pour que la question puisse de nouveau être examinée par le Parlement. "C'est possible qu'on le propose".

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