Le couple molesté a dit la vérité, la police confirme — Affaire Benalla

07 Août, 2018, 20:53 | Auteur: Lynn Cook
  • Alexandre Benalla et Vincent Crase interviennent le 1er mai aux côtés des forces de police. Avec le haut gris l'homme de 29 ans

Non, le jeune couple molesté par Alexandre Benalla sur la place de la Contrescarpe le 1er mai n'a pas menti sur son identité.

Les deux personnes frappées par Alexandre Benalla n'ont pas caché leur identité après leur interpellation le 1er mai place de la Contrescarpe, à Paris, affirme mardi Le Monde sur base de courriers communiqués par deux services de police au procureur de la République François Molins.

L'avocat reconnaît que ses clients ont bien lancé des projectiles en direction des CRS, et regrette un "geste déplacé", mais les premiers éléments de l'enquête révèlent que le cuisinier et la graphiste n'étaient pas des "casseurs" venus spécialement en découdre. Cette version contredit les déclarations du préfet de police Michel Delpuech devant la commission de l'Assemblée nationale.

Le 25 juillet, le procureur de la République de Paris, François Molins demandait, dans un courrier, au directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), Frédéric Dupuch, pourquoi les deux jeunes "n'avaient pas été mis en cause pour les faits commis contre les forces de l'ordre ce jour-là" et pourquoi "aucune procédure" n'avait été lancée contre eux. Les autres personnes arrêtées ont été relâchées si les fiches rédigées lors de leur interpellation ne faisaient pas "état d'infractions de violences volontaires graves ou répétées" à l'encontre de la police ou "d'atteintes particulières ou dangereuses". Selon les courriers consultés par le quotidien, l'homme frappé par le collaborateur d'Emmanuel Macron, né en Grèce, a décliné son identité dès son arrestation. Devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale, chargée d'auditionner les témoins de l'affaire, le préfet de police Michel Delpuech avait expliqué, sous serment, que les deux jeunes gens "n'avaient pas de papiers sur eux" et avaient "déclaré de fausses identités". Le jeune couple est l'objet d'une enquête préliminaire depuis juillet.

En outre, après son interpellation, le couple a été relâché sans poursuites. C'est Philippe Mizerski, le policier en civil que l'on voit passif face aux agissements de Benalla et de Crase qui a recueilli les informations concernant la jeune femme (qu'il maintenant à quelques mètres du lieu où son compagnon se faisait molester, malgré ses cris).

Les documents indiquent également que les deux trentenaires n'avaient pas d'antécédents judiciaires et qu'ils n'ont pas provoqué de violences "graves" et "répétées" contre les CRS, même si tous deux ont jeté des objets sur les policiers.

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