Brexit: risque élevé d’une absence d’accord, selon la Banque d’Angleterre

05 Août, 2018, 13:08 | Auteur: Aubrey Nash
  • LA BOE RELÈVE SES TAUX PRUDENTE POUR LA SUITE AVEC LE BREXIT

Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à ce que les responsables monétaires britanniques relèvent le taux directeur mais à une majorité de sept voix pour et deux contre.

Le message de la banque centrale demeure toutefois celui de hausses des taux limitées et graduelles alors qu'elle prévoit que l'inflation ne dépassera qu'à peine son objectif de 2% au cours des prochaines années.

La livre sterling a très brièvement rebondi face au dollar après l'annonce, avant de repartir à la baisse pour s'échanger à environ 1,30 dollar par livre, en repli de 0,7 %.

Dans son rapport trimestriel sur l'inflation, la Banque d'Angleterre est néanmoins revenue à ses prévisions de croissance de février pour 2019, avec 1,8% de croissance attendu.

Le comité 'continue de reconnaitre que les perspectives économiques pourraient être influencées significativement par les réponses des ménages, des entreprises et des marchés financiers aux développements liés au processus de retrait de l'Union européenne'.

Elle s'attend à une croissance de 1,8% en 2018 contre une prévision de 1,7% précédemment.

De nombreux économistes ont contesté l'analyse de la Banque d'Angleterre sur la montée de pressions inflationnistes au sein de l'économie britannique. Ils estiment qu'en relevant les taux, la banque centrale s'expose à devoir faire machine arrière si Londres est contraint à un Brexit sans accord avec l'Union européenne.

"Le ralentissement au premier trimestre reflétait les conditions météorologiques et non pas le climat économique", a expliqué Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, dont le mandat s'achève l'été prochain.

Dans le communiqué sur sa décision de la politique monétaire, la banque centrale déclare qu'elle constate "des premiers signes suivant lesquels les politiques protectionnistes actuelles et envisagées commencent à avoir un effet négatif" sur le commerce mondial.

Jeudi, l'institution a décidé à l'unanimité, et sans surprise, de relever son taux d'intérêt de 0,25 point à 0,75%, pour la deuxième fois depuis la crise financière, se gardant des marges de manoeuvre pour affronter les potentielles turbulences du Brexit.

Graphiquement, malgré une brève réaction positive au moment de lannonce, la Livre confirme sa tendance baissière alors que les perspectives de nouvelles hausses de taux samoindrissent à moyen terme. "Il y a d'autres scénarios où il pourrait être nécessaire de baisser les taux d'intérêt", a-t-il précisé.

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