Israël devient "l État-nation" du peuple juif

22 Juillet, 2018, 01:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Ankara fustige la loi israélienne sur

Autre point oublié: l'article évoquant la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs.

La formulation initiale avait suscité une vague de critiques, notamment du président Reuven Rivlin, du procureur général Avishai Mandelblit et de la délégation de l'Union européenne en Israël en raison de son caractère jugé discriminatoire. Un droit dont les Arabes qui composent 20% de la population israélienne, restent privés. Le texte a immédiatement provoqué un tollé parmi les organisations des droits de l'homme et les leaders de l'opposition qui l'accusent d'officialiser des discriminations envers les Arabes israéliens - qui représentent 20 % de la population - et donc de dégrader leur statut.

L'Union européenne s'est dite "préoccupée" par cette loi qui risque, selon elle, de "compliquer" la solution à deux Etats pour régler le conflit israélo-palestinien.

Le texte fait de l'hébreu la seule langue officielle d'Israël, alors que l'arabe avait auparavant un statut identique; il déclare également que l'établissement de "localités juives (sur le territoire israélien) relève de l'intérêt national" et certifie "l'Etat d'Israël comme l'Etat national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique" précisant que "le droit d'exercer l'auto-détermination au sein de l'Etat d'Israël est réservé uniquement au peuple juif".

La nouvelle formule, plus vague, a toutefois été également dénoncée avec force par l'opposition, notamment le député arabe Ayman Odeh, qui a brandi durant le débat un drapeau noir à la tribune pour marquer " la mort de notre démocratie ". "Israël ne veut pas de nous ici", a-t-il déclaré en ajoutant que cette loi consacre le statut de " citoyen de seconde zone des arabes israéliens ".Un autre député arabe, Youssef Jabareen, a affirmé que cette loi encourageait non seulement la discrimination, mais aussi le racisme". Cette loi est " dangereuse et raciste par excellence ", elle " légalise officiellement l'apartheid ", a dénoncé le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat.

Le ministère turc des Affaires étrangères a de son côté estimé que la loi controversée "piétine les principes du droit universel et bafoue les droits des citoyens palestiniens d'Israël".

Israël se définit dorénavant comme "l'Etat-nation du peuple juif".

Si la loi sur les libertés du 17 mars 1992 définissait Israël d'un bel oxymore - un " État juif et démocratique " - laissant quelque place à l'interprétation, depuis jeudi, le caractère inégalitaire de l'État israélien est désormais assumé et gravé dans le marbre de la Loi.

Après le vote de la loi, l'arabe n'aura qu'un "statut spécial", qui n'est pas précisément défini mais qui devrait autoriser la poursuite de son utilisation dans l'administration, selon France 24.

Jeudi, les Israéliens semblaient partagés sur la nouvelle loi. Elle prévoit aussi que le calendrier lunaire juif soit le calendrier officiel du pays et érige l'hébreu en unique langue officielle de l'Etat.

"Nous continuerons à garantir les droits civils dans la démocratie israélienne, ils ne seront pas lésés".

Depuis sa création, Israël s'est toujours considéré comme un État juif.

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