Ces photos qui contredisent l'Elysée — Affaire Benalla

21 Juillet, 2018, 11:37 | Auteur: Ruben Ruiz
  • Emmanuel Macron accompagné d’Alexandre Benalla le 18 juin 2017

"C'est un excellent ministre de l'Intérieur".

8 h 45: Le silence du président de la République, en tout cas, se fait de plus en plus pesant.

Benoît Hamon (Générations) a demandé la démission de Gérard Collomb. Il avait été autorisé par le directeur de cabinet du président à participer en tant qu'observateur à une intervention policière.

Ni policier ni gendarme, mais partout pour assurer la sécurité du président. L'Assemblée est restée paralysée vendredi, avec un projet de révision constitutionnelle victime collatérale de l'affaire Benalla - droite et gauche réclamant au préalable d'entendre Edouard Philippe - et une commission d'enquête qui n'a pu commencer ses travaux. "Par respect pour le Parlement, que le ministre vienne nous voir", a aussi plaidé Sébastien Jumel (PCF), obligé en attendant de " se brancher " sur les médias.

7 h 30: C'est le bazar aussi à l'Assemblée nationale. Si le Sénat a mis en place sa commission d'enquête, au palais Bourbon, c'est plus compliqué. Contacté vendredi soir, l'Élysée n'était pas encore en mesure de répondre aux sollicitations du Figaro. Jeudi, le porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit avait indiqué qu'Alexandre Benalla avait reçu une sanction disciplinaire: "une mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et un changement d'affectation". Ces images ont été prises à l'occasion du défilé du 14 juillet, l'un des événements les plus sensibles de l'année en termes de sécurité, par notre photographe Marc Chaumeil.

Nouvelles révélations hier au sujet du garde du corps d'Emmanuel Macron accusé d'avoir frappé un manifestant le 1er mai. Ce sont les articles de presse affirmant que le ministre de l'Intérieur était au courant dès le 2 mai des violences commises par Alexandre Benalla qui ont provoqué ces levées de boucliers. Les vidéos montrant M. Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, coiffé d'un casque à visière, en train de frapper un jeune homme et une jeune femme le 1er-Mai, ont généré un flot de critiques et de questions.

Le chargé de mission a été placé en garde à vue vendredi matin à Paris pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique" et "complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo protection", a-t-on appris de source judiciaire. Si bien qu'Alexandre Benalla a été placé en garde à vue et que l'Élysée a dû se résoudre à entamer une procédure de licenciement.

Vincent Crase, réserviste de la gendarmerie et agent d'accueil pour LREM qui accompagnait Alexandre Benalla le 1er mai, a aussi été placé en garde à vue pour violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public et usurpation de fonction.

- Trois policiers ont été suspendus jeudi soir à la suite de l'affaire Benalla. Sauf que sur cette photo apparaît, au premier plan, Alexandre Benalla. "Cette réduction de périmètre a été strictement observée", insiste la présidence.

"Le co-rapporteur de la commission, le LR Guillaume Larrivé a jugé que " ce n'était pas possible " d'attendre jusque lundi matin pour l'audition de Gérard Collomb, parlant de " dizaines d'heures de travail devant nous ".

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