L'UE inflige une amende record de 4,34 milliards d'euros à Google — Android

18 Juillet, 2018, 16:36 | Auteur: Aubrey Nash
  • Le président américain Donald Trump. Drew Angerer  Getty Images

C'est un record. L'Union européenne inflige une amende de 4,34 milliards d'euros à Google pour "pratiques illégales", a annoncé la Commission européenne, mercredi 18 juillet, dans un communiqué.

Toutefois, explique Android, "si les fabricants veulent pré-installer les apps Google, ils doivent installer l'ensemble appelé +Google Mobile Services (GMS)+, car les applications ont été conçues pour travailler ensemble", ce qui permet à l'utilisateur, par exemple, de sauvegarder une photo reçue dans sa boîte Gmail vers (Google) Photos ou encore ouvrir une pièce jointe reçue par courriel dans Drive, le système de stockage en ligne de Google. La Commission européenne vient d'infliger une monstrueuse amende de 4,34 milliards d'euros à Google. Le montant de l'amende est décidé au dernier moment et peut atteindre théoriquement, selon les règles de la concurrence européenne, jusqu'à 10% du chiffre d'affaires global de l'entreprise, qui s'élevait pour Alphabet, maison mère de Google, à 110,9 milliards de dollars en 2017 (94,7 milliards d'euros).

"Android a créé plus de choix pour tout le monde, pas moins (...) Nous allons faire appel de la décision de la Commission", s'est défendu un porte-parole de Google.

Cette nouvelle sanction contre le géant américain arrive dans un contexte particulièrement tendu entre l'UE et les Etats-Unis, avec lesquels les sujets de friction ne manquent pas comme sur l'Otan ou le commerce.

Le groupe américain a fait part de son intention de faire appel de la décision de la Commission européenne.

Le dossier antitrust Android - système d'exploitation utilisé pour 80% des appareils en Europe et dans le monde, qui est l'équivalent de l'iOS pour l'iPhone d'Apple - est dans le collimateur de la Commission européenne depuis plusieurs années.

Dans le cas antitrust Shopping, Google avait proposé des remèdes en septembre, toujours en cours d'examen par la Commission européenne. Parmi les griefs, la Commission cite la pré-installation obligatoire de l'application Google Search et son navigateur Chrome comme condition à l'octroi de la licence pour la boutique d'applications en ligne (Play Store) ou encore les paiements effectués à des fabricants et des opérateurs de réseaux mobiles pour qu'ils préinstallent en exclusivité l'application Google Search sur les appareils concernés. Google est également accusé de payer les fabricants de smartphone pour qu'ils installent Google Search sur leurs appareils mais aussi de les avoir empêchés de vendre des smartphones tournant sous des systèmes dexploitation rivaux. Mais pour éviter une trop grande disparité et faire en sorte que différentes applications soient compatibles avec différents modèles d'appareils sous Android, Google fait signer avec les fabricants et développeurs d'applications des accords de compatibilité ("Google's voluntary compatibility agreements").

Une conférence de presse de la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, est prévue à Bruxelles sur un cas antitrust pour 11H00 GMT, a annoncé la Commission européenne.

Le groupe californien avait également déposé en septembre 2017 un recours contre l'amende de Bruxelles, devant la Cour de justice de l'UE (CJUE), ce qu'il ne devrait pas manquer de faire non plus dans le dossier Android. Ce n'est pas la première fois que l'entreprise américaine écope d'une douloureuse: en juin 2017, la Commission infligeait une amende de 2,42 milliards d'euros pour abus de position dominante, cette fois dans le secteur des comparateurs de prix.

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