Nouvelle purge en Turquie : 18.000 fonctionnaires limogés, des journaux fermés

10 Juillet, 2018, 17:56 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président turc Recep Tayip Erdogan inspecte une garde d'honneur à son arrivée à la session d'ouverture du nouveau Parlement

"Je ne suis pas seulement le président de ceux qui ont voté pour moi, mais de l'ensemble des 81 millions" de Turcs, a-t-il déclaré.

Lors des législatives qui se sont tenues en même temps que la présidentielle, le parti islamo-conservateur de M. Erdogan, l'AKP, a obtenu 295 sièges sur 600 et ne contrôle le Parlement que grâce à son alliance avec les ultranationalistes du MHP, qui comptent 49 élus.

Il a aussi promis d'oeuvrer pour faire avancer "la démocratie, les droits et les libertés" et de hisser la Turquie parmi les dix premières économies au monde.

Forces de l'ordre, enseignants, universitaires: plus de 18 000 fonctionnaires ont été limogés en Turquie ce 8 juillet, à la veille de l'investiture du président Recep Tayyip Erdogan pour un 2e mandat et d'une probable levée de l'état d'urgence.

Ce décret-loi est présenté comme le dernier pris sous l'état d'urgence instauré au lendemain du putsch manqué de juillet 2016 et sans cesse renouvelé depuis. Sa chroniqueuse Asli Aydintasbas parle de l'avènement d'une "deuxième république" succédant à la Turquie laïque. Celui qui règne déjà sur la Turquie depuis 15 ans détiendra désormais l'ensemble des pouvoirs législatifs, le poste de Premier ministre étant supprimé, et pourra promulguer des décrets présidentiels.

Lundi marquera également l'entrée en vigueur d'un système présidentiel.

Des dirigeants étrangers, comme le Vénézuélien Nicolas Maduro et le Soudanais Omar el-Béchir ou encore le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, ont assisté à la cérémonie, ainsi que le président bulgare Roumen Radev et le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Dans la soirée, il a dévoilé un nouveau cabinet de seize ministres (contre 26 actuellement), dont le plus en vue est son gendre Berat Albayrak, qui s'est vu confier le portefeuille clé des Finances.

Les secrétaires généraux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, du D-8, ainsi que le Commissaire européen à la Migrations et aux Affaires intérieures seront également parmi les participants.

Le défi le plus pressant semble être la crise économique qui se dessine avec une inflation élevée, la dévaluation de la monnaie et un important déficit des comptes courants, en dépit d'une croissance solide.

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