Le selfie du gouvernement qui fait le buzz — Congrès de Versailles

10 Juillet, 2018, 14:03 | Auteur: Aubrey Nash
  • Philippe Wojazer  Reuters     
             Congrès de Versailles qui sera présent ou absent

S'il n'a pas fait d'annonces particulières, Emmanuel Macron a profité de son discours devant les parlementaires pour préciser le rythme des réformes à venir.

On peut y voir neuf ministres du gouvernement, tout sourire avant la prise de parole du président de la République devant les Parlementaires. Répondant aux critiques sur ce rendez-vous, dénoncé par certains parlementaires, il a également résumé sa première année de mandat: "Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout".

Le chef de l'Etat a commencé son discours devant le Congrès réuni à Versailles (Yvelines) en disant n'avoir "rien oublié des peurs, des colères" qui avaient propulsé la candidate du Front national, Marine Le Pen, face à lui au second tour de la présidentielle en avril 2017. A un président pointé du doigt pour sa pratique solitaire du pouvoir, il lance: "Sachez dialoguer avant de décider, sachez accepter la contradiction".

"Une politique pour les entreprises, c'est une politique pour toute la nation, une politique pour l'emploi, une politique pour les services publics" et "pour ceux qui restent en marge", a-t-il insisté.

Dans son discours de près d'une heure et demie, il s'est d'abord attaché à défendre "les engagements tenus" de la première année.

À quelques mois de la réforme des retraites, le président a fustigé la "rumeur malsaine" qui fait "croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion". "Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", a-t-il affirmé, promettant de "refonder un système de retraite, qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de systèmes existants".

Le président de la République a assuré qu'il n'aimait "ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges". "Dès l'automne, nous clarifierons cette situation en donnant à l'islam un cadre et des règles garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République".

"Ce que nous avons dit, nous l'avons fait", a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que l'intégralité des résultats de sa politique n'était pas encore visible. Cette "grande concertation" devra être organisée par chaque préfet "d'ici au 15 septembre" en vue d'améliorer la représentation institutionnelle du culte musulman, le financement des mosquées et la formation des imams et aumôniers. "Elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d'investissement et d'accompagnement social", a-t-il ajouté.

"Jamais la France n'acceptera des déportations à travers l'Europe" des migrants, a affirmé M. Macron. En pleine crise diplomatique sur la question migratoire, le président a souligné que "ce sujet ne peut être réglé ni dans l'émotion qui crée la confusion, ni dans la fermeture et le repli nationaliste". Revenant longuement sur ce qui a été fait depuis un an, le chef de l'Etat a totalement assumé la politique économique mise en oeuvre depuis son élection, de la réforme de l'ISF à celle du Code du travail, sans oublier celle de la SNCF.

"C'est là que se joue la véritable transformation mais aussi la véritable dignité: tout le monde doit être protégé mais chacun a sa part de responsabilité dans la société", a-t-il poursuivi. Christian Jacob s'est érigé en défenseur des institutions critiquant un président de la République qui "n'a pas vraiment compris que le Parlement n'est pas sa chose".

Recommande: