Iran : une jeune femme arrêtée après s'être filmée en train de danser

10 Juillet, 2018, 15:43 | Auteur: Sue Barrett
  • En Iran, des jeunes femmes arrêtées à cause de leurs vidéos de danse sur Instagram

Ce n'est pas la première fois, que des jeunes iraniens font les frais de la police de la morale.

En tout, elle a partagé une centaine de vidéos. Un affront, selon les autorités iraniennes qui ont arrêté la jeune femme et qui l'ont condamnée à 4 ans de prison et 80 coups de fouet, pour un geste qu'ils considèrent anti-islamique.

"Si vous dîtes à quelqu'un sur la planète que les filles de 17 - 18 ans sont arrêtées parce qu'elles dansent, parcequ'elles sont heureuses et pour leur beauté à cause d'accusations graves d'atteintes aux bonnes moeurs, alors que des violeurs d'enfants et d'autres sont libres, cette personne va vous rire au nez!"

L'Iranienne Maedeh Hojabri aurait peut-être préféré éviter de devenir aussi célèbre. En Iran, la danse est interdite et le voile est obligatoire.

Des internautes ont identifié les jeunes au visage flouté comme étant ceux de Maedeh Hojabri, Elnaz Ghasemi, Shadab et Kamy - dont on ignore les noms de famille -, tous les quatre très populaires sur Instagram. Après quelques jours passés en prison, la police affirme que Maedeh Hojabri a été libérée sous caution et son compte Instagram a été supprimé. En pleurs, la jeune Iranienne explique pourquoi elle produisait ces vidéos, et jure que "ce n'était pas pour attirer l'attention". "J'avais des abonnés et ces vidéos étaient pour eux", poursuit-elle, "je n'avais aucune intention d'encourager les autres à faire de même..." J'ai travaillé seule, je n'ai reçu aucune formation.

Maedeh Hojabri, une jeune Iranienne, a été arrêtée après avoir posté plusieurs vidéos de danse.

Selon le site en persan Radio Farda, les jeunes ont depuis été relâchés sous caution.

L'ensemble des personnes arrêtées, au motif d'une utilisation "immorale" des réseaux sociaux, a été forcé de participer à un stage éducatif et également contraint de formuler des excuses sur la chaîne de télévision du gouvernement. La jeune femme a publié de nombreux messages avec des vidéos où elle danse sur de la musique iranienne et de la musique pop européenne.

"Solidarité avec la danseuse adolescente Maedeh Hojabri". La célèbre avocate iranienne, Nasrin Sotoudeh, qui représente certaines de ces femmes, dont Shaparak Shajarizadeh, est, elle aussi, en prison, depuis le 13 juin, pour avoir pris la défense dans les médias d'une de ses clientes. Les vidéos de Maedeh Hojabri la montrent en train de danser chez elle, sans la moindre couverture sur la tête ou sans hijab.

"Les femmes iraniennes qui agissent pour le 'mercredi blanc' (le mouvement de lutte des femmes iraniennes pour le droit de ne pas porter de voile, ndlr) sont toujours en action pour leur liberté!"

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