"Après-Brexit : "Londres veut créer une " zone de libre-échange " avec l'UE

10 Juillet, 2018, 14:04 | Auteur: Aubrey Nash
  • Brexit patronats et syndicats s'inquiètent du manque de progrès des négociations

Pour la question délicate de la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, le pays propose de prendre en charge les les droits de douane et règles commerciales de l'UE pour les biens destinées à l'UE: une proposition qui risque de ne pas aller de soi du côté de Bruxelles. Une victoire pour Theresa May, qui est régulièrement critiquée depuis qu'elle a perdu la majorité parlementaire du Parti conservateur lors des élections l'an dernier.

Theresa May, qui publiera la semaine prochaine un livre blanc détaillant plus avant ses objectifs, précise que cette proposition résulte d'une 'position commune' des membres de son gouvernement, dont les divisions sur les orientations à donner au Brexit avaient fait craindre le pire pour la réunion de vendredi à Chequers. "Cela revient à une tentative, par le gouvernement, de lier les mains des entreprises britanniques", déplorent-ils, exigeant le maintien du Royaume-Uni dans l'union douanière de l'UE.

La première ministre britannique a assuré que ses ministres, très divisés sur le Brexit, étaient parvenus à une " position commune ", incluant un nouveau modèle douanier.

Après des heures de négociations avec ses ministres lors d'un séminaire à Chequers, sa résidence de campagne située à 60 km de Londres, Theresa May a convaincu les défenseurs d'un Brexit dur au sein de son gouvernement de la soutenir sur son projet de "zone de libre-échange pour les biens" dans l'UE.

Alors que le secteur des services devrait faire l'objet d'un arrangement différent selon Downing Street, cette solution d'alignement avec l'UE pour les biens est pourtant rejetée avec vigueur par les Brexiters pour qui elle empêche une sortie complète du bloc européen. Mais, alors que la date fatidique se rapproche, il souligne aussi la nécessité d'"intensifier" le travail de préparation pour faire face à tous les scénarios possibles - en particulier celui d'une éventuelle sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles.

Mais à peine publié, ce projet suscitait toutefois déjà des réactions critiques du côté des eurosceptiques.

Mais pour The Independent, convaincre ses ministres fut "la partie facile" de la mission de Theresa May: "maintenant la partie la plus difficile: trouver un accord avec l'Union européenne".

M. Hunt, âgé de 51 ans, avait soutenu le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne en 2016 avant de changer d'avis et de se rallier derrière les pro-Brexit, déçu par l'approche "arrogante" de Bruxelles dans les négociations, selon une interview à LBC radio en 2017.

Vendredi, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, a affirmé 'être prêt à adapter son offre' et dit espérer que le livre blanc permettra de résoudre 'le débat politique interne au Royaume-Uni et les négociations avec nous'. Nous allons opérer étape par étape'.

Le président exécutif d'Airbus, Tom Enders, accuse les responsables britanniques "de n'avoir aucune idée de ce qu'ils font, ou tout au moins ne sont pas d'accord sur qu'il faudrait faire pour bien organiser le Brexit". 'Qu'il soit dur, mou, léger ou propre, (le Brexit) causera des dégâts à l'industrie aéronautique et à d'autres, et causera des dégâts au Royaume-Uni', a-t-il affirmé.

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