Theresa May a eu ses ministres "à l'usure" — Brexit

09 Juillet, 2018, 14:41 | Auteur: Aubrey Nash
  • Un accord britannique sur une zone de libre-échange avec l'UE                         En savoir plus

Finalement, la première ministre britannique a pris le dessus, après douze heures de séminaire avec ses vingt-neuf ministres dans la résidence de campagne de Chequers, à 70 km au nord-ouest de Londres.

Dans l'opposition, le porte-parole de Parti travailliste sur le Brexit, Keir Starmer, a fustigé le plan de Theresa May, qualifié de "bidon".

La cheffe du gouvernement a présenté la veille sa proposition, attendue de longue date par les 27, pour une zone de libre échange et un nouveau modèle douanier, qui doivent permettre de maintenir un commerce "sans friction" avec le continent.

Le ministre britannique en charge du Brexit a démissionné. L'une verrait le Royaume-Uni collecter les droits de douane pour le compte de l'Union européenne sur les importations de biens en provenance de pays tiers.

Alors que les critiques affluaient, Downing Street a affirmé qu'il était "catégoriquement faux de laisser entendre que [les Britanniques ne seraient] pas en mesure de conclure un accord commercial avec les États-Unis".

"L'arrangement douanier au coeur de la proposition est basé sur l'idée que vous pouvez distinguer à la frontière les biens qui restent au Royaume-Uni et ceux qui partent vers l'UE", a-t-il expliqué sur la BBC.

A Chequers, les "Brexiters" devraient défendre une solution dite de "facilitation maximale".

Le gouvernement britannique propose d'appliquer à ses frontières "les droits de douane et règles commerciales du Royaume-Uni aux biens destinés au Royaume-Uni, et les droits de douane et règles commerciales de l'UE pour les biens destinées à l'UE".

Après cette annonce, Theresa May a demandé, dans une lettre adressée aux députés de son parti, de mettre fin aux querelles sur le sujet, qui a profondément divisé les Tories. Pour préparer leur contre-attaque, sept ministres en faveur d'un divorce sans concessions avec l'UE se sont réunis jeudi autour du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Le soutien de cette formation, qui dispose de 10 députés à la Chambre des Communes, est vital pour garantir à Theresa May une majorité au Parlement.

Tom Enders, le président exécutif de l'avionneur européen Airbus, s'est lui montré pessimiste sur l'issue des négociations.

Londres comme Bruxelles continuent donc de préparer tous les scénarios possibles, y compris celui d'une éventuelle sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles. " Plus vite nous aurons une proposition britannique précise sur la frontière irlandaise, meilleures seront les chances de finaliser les négociations du Brexit cette année ", a déclaré cette semaine le président du Conseil européen Donald Tusk.

Face au risque de blocage, le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a évoqué jeudi la possibilité de prolonger les négociations.

Elle doit notamment leur dire que son projet est "le bon Brexit", "le Brexit qui est dans l'intérêt national".

Theresa May fait également face à une très forte pression des milieux économiques. La patience "est à bout", a affirmé Adam Marshall, le directeur général des British Chambers of Commerce.

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