Plus de 18'000 fonctionnaires turcs licenciés par un nouveau décret

09 Juillet, 2018, 06:41 | Auteur: Aubrey Nash

En vigueur depuis deux ans et le coup d'Etat manqué de 2016, ce dernier pourrait être levé après la prestation de serment du président, selon plusieurs médias turcs. Plus de 18 000 fonctionnaires ont été limogées en Turquie par un décret-loi, publié dans le Journal officiel dimanche 8 juillet. Par ailleurs, environ 1 000 employés du ministère de la Justice et 650 du ministère de l'Education ont également été renvoyés.

Si les chiffres donnent le vertige, ils ne sont pourtant que le dernier épisode d'une longue série de purges, entamée depuis l'instauration de l'état d'urgence après le putsch manqué de juillet 2016.

Et si l'état d'urgence devrait être levé lundi, comme l'avait promis Erdogan lors de sa campagne, ce même jour marquera l'entrée en vigueur du système présidentiel organisé par la controversée réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017. De plus, le texte annonce que 148 personnes, limogées par de précédents décrets, ont été réintégrées dans la fonction publique. Ce dernier pourra notamment promulguer des décrets présidentiels. Des milliers d'autres ont été suspendues.

Ces purges sont vivement critiquées par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient une tentative de faire taire toute voix critique en Turquie.

Pour leur part, "les autorités disent que les soutiens [du prédicateur musulman Fethullah Gulen basé aux États-Unis et accusé d'avoir orchestré la tentative de putsch] ont inflitré les institutions gouvernementales à tous les niveaux et qu'ils ont mis en place des cellules terroristes".

"Le gouvernement qualifie le mouvement d'" organisation terroriste Fethullah", ce que le prédicateur nie en insistant sur le caractère pacifique de l'organisation. La répression ne semble pas faiblir, avec des mandats d'arrêt émis vendredi contre 346 membres des forces armées soupçonnés de liens avec les instigateurs présumés du putsch manqué. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par l'UE et les États-Unis.

12 associations, 3 journaux et une chaîne de télévision ont également été fermés par le décret de dimanche.

Parmi les journaux sanctionnés figurent le quotidien en langue kurde Welat édité dans la province de Diyarbakir (sud-est) ainsi que le journal prokurde Ozgurlukcu Demokrasi dont les locaux à Istanbul avaient été perquisitionnés par la police en mars.

Recommande: