Le Parlement européen a rejeté la réforme du droit d'auteur

08 Juillet, 2018, 03:25 | Auteur: Lynn Cook
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Le parlement européen n'a visiblement pas été convaincu par cette version du texte et a retoqué celui-ci en séance plénière, avec 378 voix contre le texte, 278 pour et 31 abstentions. Le point de divergence principal s'est cristallisé sur l'article 13, qui instaurait une responsabilisation des grandes plateformes Internet dans la diffusion des contenus sous droit, et dans le partage des revenus qu'elles en retirent. Une loi parfaite pour permettre à des startups de devenir des compagnies multimilliardaires.

Un très fort lobbying entoure depuis des mois cette réforme, qui oppose des créateurs de contenus du monde entier -du cinéma, de la presse ou de la musique comme récemment Paul McCartney-, favorables au texte, aux géants du numérique (les Gafa) et aux activistes de la liberté sur internet, qui y sont opposés. Campagne qui a porté ses fruits.

Jean-Michel Jarre, musicien et président de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs, ne cache pas son amertume dans Le Monde: "il est incroyablement décevant qu'après avoir été férocement harcelé par des opposants utilisant de faux arguments, le Parlement européen ne se soit pas engagé à soutenir les droits justes des créateurs". L'objectif est d'adapter la réglementation européenne concernant les droits d'auteur aux nouveaux usages numériques, notamment à la place prise par les plateformes (Google, Facebook.).

" La bataille continue, nous ne céderons pas devant tant de manipulations " explique la députée Pervenche Berès (S et D), qui affirme rester mobilisée " pour faire adopter le texte à l'automne". Ils se sont trouvés des alliés inattendus dans cette guerre.

En signe de protestation, Wikipedia, qui craignait que la réforme ne restreigne "la liberté en ligne", n'était d'ailleurs pas disponible dans au moins trois pays européens mercredi.

"Karine Gloanec Maurin (Socialistes et démocrates) se dit ainsi " choquée", qu'on " refuse aux artistes le droit de vivre de leur création et que l'on cède aux GAFA qui s'approprient indûment le travail d'autrui tout en refusant de payer l'impôt.

"Virginie Rozière, parle, à propos de rejet de la directive par le Parlement européen, d'un vote " dangereux " qui, selon elle " menace directement les artistes, au seul profit des GAFA, " martelant que les " GAFA diffusent massivement les œuvres des artistes européens, souvent sans autorisation, ni rémunération, " une injustice qui, selon elle, met en danger la pérennité du financement de la culture en Europe".

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