Examen médical d'un policier pour possible exposition au Novitchok — Grande-Bretagne

08 Juillet, 2018, 07:15 | Auteur: Lynn Cook
  • Police à Amesbury

Cette attaque avait provoqué une importante crise diplomatique internationale car les autorités britanniques l'avaient attribuée à la Russie. Dans le cas des Skripal, les analyses avaient porté sur des prélèvements sanguins.

L'agent innervant " Novitchok " rompt la connexion entre le système nerveux et les muscles, empêchant progressivement la victime de respirer.

'Perplexes et choqués' Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place dans des endroits où auraient pu se rendre les deux quadragénaires et la présence policière y a été renforcée, notamment le logement d'Amesbury, l'église baptiste de la ville et le parc Queen Elizabeth Gardens à Salisbury.

Andrea Sella, professeur de chimie inorganique à l'université londonienne UCL, n'exclut pas cette éventualité. Ces types d'agents innervants "sont conçus pour être assez persistants - ils traînent dans l'environnement, ne s'évaporent pas ou ne se décomposent pas rapidement. Cela signifie que si un contenant ou une surface était contaminée par cette substance, cela constituerait un danger pendant longtemps".

Le couple est soigné à l'hôpital de district de Salisbury, dans le même établissement où Sergueï Skripal et sa fille ont passé plusieurs semaines dans un état critique avant de se rétablir peu à peu. Ils ont été identifiés par un ami, Sam Hobson, comme étant Charlie Rowley et Dawn Sturgess.

Selon cet ami, le couple ne travaillait pas et sont d'anciens sans-abri.

Trois mois après l'ex-espion Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, à Salisbury, deux ressortissants britanniques, Charlie Rowley et sa compagne Dawn Sturgess, 45 ans chacun, ont été retrouvés, samedi, dans un état critique, à quelques kilomètres de là, à Amesbury, .

La police anti-terroriste, chargée de l'affaire Skripal, a repris les rênes de l'enquête. "Ce sera aux scientifiques de déterminer s'il vient du même lot", a expliqué Neil Basu, le chef du contre-terrorisme britannique".

"La priorité des enquêteurs est désormais de déterminer comment ces deux personnes sont entrées en contact avec l'agent innervant", a-t-il souligné, précisant toutefois qu'il n'y a "aucune preuve" suggérant que l'homme et la femme "étaient visés d'une quelconque manière".

Le risque pour le grand public est "faible", a insisté la police, mais le caractère en apparence aléatoire de la contamination soulève de nombreuses questions des habitants de la ville de Salisbury, qui pensaient avoir tourné la page de l'affaire Skripal.

L'institution réitère le conseil du ministère britannique de la santé, affirmant que le risque pour le public reste bas.

Elle a aussi recommandé de nettoyer téléphones portables et sacs à main avec des lingettes et de laver à l'eau savonneuse les bijoux.

La médecin-chef du PHE, Sally Davies, a en particulier demandé aux gens "d'être vigilants lorsqu'ils ramassent des objets inconnus ou dangereux comme des aiguilles ou des seringues".

Les Russes ont assuré jeudi ne pas disposer d'informations sur le nouvel empoisonnement et se sont dit "très préoccupés" par "l'utilisation répétée de telles substances en Europe". Moscou, qui dément toute responsabilité dans l'agression, a répliqué par des expulsions croisées.

"Au nom de la sécurité des citoyens de notre continent, nous appelons le gouvernement de Theresa May à cesser ses intrigues et jeux avec les substances toxiques et cesser de mettre des embûches sur le chemin d'une enquête commune", a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

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