Economie: La réunion de l'OPEP s'annonce tendue

24 Juin, 2018, 05:49 | Auteur: Aubrey Nash
  • L'Opep+ divisée sur une hausse de la production

Les cours du pétrole creusaient leurs pertes sur la semaine, vendredi en cours d'échanges européens alors que les désaccords entre membres de l'Opep se font sentir à une semaine de réunions du cartel et de ses partenaires. Au moment où ces deux producteurs potentiellement influents sur le marché pétrolier mondial revendiquent une révision des objectifs de production, fixés jusqu'à fin 2018, d'autres membres du cartel, particulièrement affectés par la baisse de leurs revenus pétroliers, optent plutôt pour la consolidation de l'accord de novembre 2016, à l'effet de maintenir les cours à la hausse. La position saoudienne est ambiguë. Jusqu'en avril, le ministre de l'Energie saoudien, Khaled al-Faleh, affirmait que le marché pouvait supporter des prix du baril plus élevés.

Ces sanctions pourraient empêcher l'Iran d'exporter son pétrole, une crainte qui a fait s'envoler les prix du brut début 2018.

"Il y a définitivement une pression américaine", explique Mme Sen, qui estime que les Etats-Unis ont obtenu de l'Arabie saoudite un engagement à compenser le manque à gagner iranien sur le marché mondial. L'agence prévoit, en référence au même document, que le marché du pétrole sera juste équilibré en 2019 et vulnérable à une hausse des prix en cas de nouvelles tensions sur le marché, en référence à la situation au Venezuela et le conflit nucléaire qui oppose l'Iran aux Etats-Unis.

En Russie, les entreprises pétrolières privées ont de plus en plus de mal à justifier auprès de leurs actionnaires de retenir leurs extractions, et à ne pas profiter de la hausse des cours.

Novak souligne qu'il serait raisonnable de lancer l'augmentation de la production au troisième trimestre, lorsque la demande est la plus élevée, ajoutant qu'une réunion sera organisée en septembre pour examiner la réaction du marché.

L'Iran a des alliés pour s'opposer aux volontés de la Russie et de l'Arabie saoudite. En prévision de la réunion qui se tient les 22 et 23 juin prochain à Vienne, les deux géants pétroliers que sont l'Arabie saoudite et la Russie ont fait part de leur souhait d'augmenter leurs productions respectives. Cependant, certains membres, qui produisent déjà en deçà de leurs quotas, ne peuvent augmenter leur production, à l'image du Venezuela en proie à une grave crise économique.

Après deux ans de production serrée pour limiter une surabondance mondiale, les prix se sont redressés et les stocks sont plus proches des niveaux habituels, ce qui a déclenché un débat sur la redirection de la politique de l'OPEP et de ses alliés au second semestre de cette année.

"La guerre, c'est la guerre, les affaires sont les affaires", a tranché Mme Sen, qui rappelle que l'Opep a déjà réussi à mettre de côté les différends géopolitiques pour s'accorder dans le passé.

Recommande: