Les recommandations "pragmatiques" de la Haute Autorité de santé — Maladie de Lyme

22 Juin, 2018, 05:23 | Auteur: Jonathan Ford
  • Maison-Alfort le 20 juillet 2016 montre des tiques dont la piqûre peut transmettre la maladie de Lym

En rendant publiques mercredi ses recommandations sur la prise en charge de la maladie, la Haute Autorité de santé (HAS) a choisi une voie mesurée.

La maladie est transmise par la tique du chevreuil.

Reste que la maladie de Lyme représente un réel sujet de préoccupation. Cette augmentation, si elle se confirme sur les prochaines années, pourrait être le signe d'une prise de conscience de cette maladie, à la fois par les patients, qui osent davantage consulter, et par les médecins, mieux formés au diagnostic.

Ces "symptômes polymorphes persistants " recouvrent "un syndrome polyalgique, une fatigue persistante avec réduction des capacités physiques, des plaintes cognitives " qui peuvent être associés à des "signes fonctionnels polyorganiques " se manifestant sur une période de plus de 6 mois et apparaissant après une piqûre de tique possible, avec ou sans antécédent d'érythème migrant. Le texte crée la notion de "symptomatologie ou syndrome persistant (e) après une possible piqûre de tique (SPPT)", considérée par certains comme la reconnaissance d'un syndrome de Lyme chronique, ce qui continue d'attiser les polémiques. A ce stade, le patient n'a pas développé suffisamment d'anticorps pour que les tests sanguins Elisa et Western Blot soient fiables.

Mais la maladie de Lyme peut prendre des formes plus compliquées dites " disséminées " qui peuvent survenir moins de six mois après la piqûre de tique, ou plus de six mois après. La SPILF ayant différé son accord, la HAS a décidé de le publier sans attendre, sous la forme de recommandations, dont l'argumentaire porte encore la trace des corrections en rouge sur le site de la HAS.

Au-delà de ces formes tardives, la HAS s'interroge sur l'existence de manifestations chroniques avec des tests négatifs.

Quand la maladie est diagnostiquée rapidement, le traitement consiste en la prise d'antibiotiques (entre 14 et 28 jours).

La Haute autorité a, cependant, identifié une population de malades (piqués par une tique ou qui pensent l'avoir été) pour lesquels aucun diagnostic n'a pu être posé. "Il peut aussi s'agir d'autres maladies ou syndromes".

La prolongation de traitement antibiotique pour les cas cliniques évoluant depuis plusieurs années (comme prônée par certains médecins spécialistes de la prise en charge de la maladie de Lyme), ne devra pas être proposée "en dehors de protocoles de recherche encadrés par un centre spécialisé des maladies vectorielles à tiques".

Il apparaît également, que, pour la HAS, un bilan psychiatrique est essentiel, car ces troubles pourraient mimer un SPPT ou seraient souvent présents en tant que comorbidités; elle recommande ainsi de rechercher des troubles dépressifs et anxieux, un syndrome d'épuisement professionnel, une souffrance au travail, un stress post-traumatique, des addictions et pour les enfants un harcèlement scolaire ou une maltraitance intra-familiale.

Les premières réactions ont émané de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF).

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