Engie, ADP, FDJ : le gouvernement entame une vague de privatisations

14 Juin, 2018, 03:09 | Auteur: Aubrey Nash
  • Privatisations d'ADP Engie et la Française des jeux: comment l’Etat veut nous impliquer

La loi Pacte sur la croissance des entreprises comprendra des mesures ouvrant la voie à ces cessions d'actifs dans ADP, la Française des jeux (FDJ) et Engie, comme l'a annoncé Bercy le 12 juin lors d'une conférence de presse.

Le projet de loi autorisera l'exécutif à céder ces titres "en modifiant les seuils de détention" actuellement fixés par la loi, indique le ministère.

L'exécutif entretenait le doute depuis plusieurs semaines sur le fait de savoir si les dispositions permettant des cessions d'actifs d'ADP, FDJ et Engie seraient intégrées ou non à la loi Pacte.

Ces cessions, destinées à recentrer le portefeuille public sur les secteurs considérés comme essentiels, serviront à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. La décision a été confirmée mardi, à la sortie du Conseil des ministres. Le ministre détaille: "un État qui - pour prendre l'exemple d'ADP (ex-Aéroports de Paris, ndlr) -, au lieu d'avoir 9 milliards d'euros environ immobilisés sur ses infrastructures et qui touche des dividendes chaque année, récupère ces 9 milliards d'euros, les met sur le fonds pour l'innovation de rupture et investit pour l'avenir de nos enfants".

L'Etat va-t-il privatiser en partie la Française des jeux, les Aéroports de Paris (ADP) et Engie?

"L'influence de l'Etat peut s'exercer autrement que par la détention de capital", c'est-à-dire "par une régulation accrue", a encore assuré le ministère. Dans le cas d'Engie, la limite fixée par la loi est d'un tiers.

Pour l'opérateur de loterie, l'Etat détient actuellement 72% du capital.

Bercy prévoit également de renforcer la régulation du secteur, soit par la création "d'une autorité indépendante", soit par "l'utilisation d'une autorité existante".

"Au terme d'une période de 70 ans, l'Etat recouvrera la propriété de tous les actifs dont le foncier", a-t-il affirmé.

L'examen du texte devrait débuter "au mois de septembre", selon le ministère qui table sur une adoption début 2019, ce qui signifie que les cessions d'actifs n'interviendront pas avant cette date. "Nous voulons donc que ces cessions de participations permettent aussi d'accélérer le désendettement de l'Etat", a encore précisé Bruno Le Maire aux Echos.

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