Emmanuel Macron : une opération de communication savamment orchestrée

14 Juin, 2018, 02:24 | Auteur: Aubrey Nash
  • Emmanuel Macron- archives

En s'exprimant lors du 42e congrès de la Mutualité française qui s'ouvre ce mercredi dans la cité languedocienne, le chef de l'État va siffler la fin de la récréation sur la polémique des aides sociales.

Présent sur place, Acuité a assisté au discours inaugural du président de la République. Le discours en question ne devrait pas s'apparenter à "un tournant social", mais faire davantage figure d' "approfondissement".

"Mais il faut que cet argent soit bien employé, c'est-à-dire qu'il permette à tous ceux qui en bénéficient de sortir de la pauvreté, de sortir du chômage, de sortir de l'inactivité et c'est là que le bât blesse", a-t-il ajouté. La sécurité sociale comporte aujourd'hui quatre branches: maladie, accidents du travail, retraite, famille. "On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens ne s'en sortent pas". Les gens qui naissent pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres ils restent pauvres. Mauvaise nouvelle: "les dépenses sociales, vous les payez, nous les payons", a lancé Emmanuel Macron, en écho à la récente cacophonie gouvernementale autour d'une possible réduction des aides sociales. Concrètement, dès le 1 janvier 2020, les opticiens devront obligatoirement être en mesure de proposer au minimum 17 modèles de lunettes remboursées intégralement à leurs clients. "Toute notre politique sociale, c'est qu'on doit mieux prévenir - ça nous coûtera moins, ensemble - et mieux responsabiliser tous les acteurs". L'Élysée se défend de tout virage social et préfère qualifier cette prise de parole d'un "approfondissement" de l'action gouvernementale pour traiter les inégalités à la racine.

Une philosophie sur laquelle il a choisi de communiquer en se faisant filmer mardi 12 juin en pleine rédaction de son discours par sa conseillère attitrée Sibeth Ndiaye. "Par l'éducation.", s'enflamme-t-il.

"Sous le mépris glaçant de ses propos, ce qu'il souhaite, c'est défaire méthodiquement tous les acquis obtenus depuis la Libération", a ainsi dénoncé la socialiste Martine Aubry, ancienne ministre de l'Emploi et la Solidarité.

Reste que cette refonte à venir des aides sociales a provoqué ces dernières semaines quelques couacs au sein de l'exécutif, signe que beaucoup d'arbitrages devait être rendus d'ici au plan pauvreté de juillet. Elle y indiquait notamment, à propos des aides sociales: " Nous recherchons ce qui fonctionne, nous arrêtons de financer ce qui ne fonctionne pas " et précisait que " la totalité des prestations " sera passée au crible de " l'exigence d'efficacité " du gouvernement.

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