Volte-face de Trump au G7: l'Elysée répond

13 Juin, 2018, 03:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Les dirigeants marchent à l'extérieur devant le fleuve Saint-Laurent

Donald Trump s'est désolidarisé à la surprise générale samedi soir du communiqué final négocié de haute lutte au sommet du G7 au Canada, jugeant l'hôte Justin Trudeau "très malhonnête et faible" pour avoir qualifié d'"insultants" les tarifs américains. Pire, le semblant d'entente entre les Etats-Unis et les autres puissances mondiales risque de connaître un nouvel épisode difficile. Donald Trump vise en particulier les taxes européennes sur les importations de voitures en provenance des pays hors UE qui s'élèvent à 10%, quand les droits de douanes américains ne s'élèvent qu'à 2,5%. "Beaucoup de ces pays sourient quand je parle", avait-il martelé à propos des barrières douanières qu'il accuse ses partenaires d'avoir érigées pour limiter l'accès des produits américains à leurs marchés. Le sénateur John McCain s'est adressé directement aux "alliés" de l'Amérique pour tenter de les rassurer: "Les Américains restent à vos côtés, même si notre président ne le fait pas", a-t-il déclaré sur Twitter.

En ce qui a trait aux échanges de mots qu'il a eus avec le premier ministre Trudeau et sa décision de retirer son soutien à la déclaration commune du Sommet du G7 à La Malbaie, le week-end dernier, le président a renchéri en poussant sa rhétorique encore plus loin. Le communiqué final promet également de "moderniser l'OMC", et de "réduire les barrières tarifaires, les barrières non-tarifaires et les subventions".

Pendant deux jours, les principaux responsables politiques du monde se sont réunis au Canada pour tenter de s'accorder sur un communiqué commun, duquel Donald Trump s'est finalement retiré à la dernière minute.

Lors d'une visite d'Emmanuel Macron en avril aux États-Unis, ils avaient multiplié les accolades et les tapes affectueuses, Donald Trump allant jusqu'à épousseter l'épaule de son homologue français lors d'une séance photo, pour, selon lui, enlever quelques pellicules. Le cabinet du Premier ministre canadien s'est seulement fendu d'une réponse laconique: "Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7".

"Je suis totalement d'accord avec la position du Premier ministre", a aussi affirmé Jason Kenney, chef de l'opposition conservatrice dans la province de l'Alberta et ancien poids lourd du gouvernement Harper.

En réaction à cette volte-face, le cabinet du Premier ministre canadien a simplement rappelé que Justin Trudeau "n'a rien dit qu'il n'avait pas déjà dit auparavant autant publiquement qu'en conversations privées" avec Donald Trump. "C'est une occasion unique" qui "ne se représentera jamais", a assuré samedi le président américain, se disant "vraiment confiant" avant cette rencontre. Par ailleurs, les dirigeants du G7 ont appelé la Russie à cesser de "saper les systèmes démocratiques" et se sont engagés à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

L'Élysée a dénoncé dimanche "l'incohérence" et "l'inconsistance" de Donald Trump. Washington a plaidé pour une réintégration de la Russie au sommet, dont elle est exclue depuis l'annexion de la Crimée en 2014.

Le prochain sommet du G7 se tiendra à l'été 2019 "dans la belle ville de Biarritz" (Pyrénées-Atlantiques), a annoncé samedi Emmanuel Macron, dont le pays prendra la présidence du groupe le 1er janvier 2019.

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