Donald Trump essaie d’amadouer les européens mais menace toujours le Canada — USA

13 Juin, 2018, 00:50 | Auteur: Lynn Cook
  • Les leaders du monde entourant Donald Trump et son conseiller à la sécurité John Bolton. EPA

La position bloquiste contraste avec celle de Québec debout, qui s'est dit solidaire du gouvernement Trudeau face aux pressions américaines. Manifestement, il y a une crispation, une radicalisation de la relation.

Le président américain avait accepté la déclaration commune des leaders du G7 sur le commerce, mais il s'en est retiré un peu plus tard, dans l'avion.

Un autre conseiller de M. Trump, Peter Navarro, en a remis sur Fox News en déclarant qu'il "y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s'engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s'en va ".

Les conservateurs canadiens avaient vertement critiqué la semaine dernière Justin Trudeau pour ne pas avoir riposté immédiatement aux taxes américaines sur l'acier et l'aluminium, le Premier ministre préférant attendre le 1er juillet, jour de fête nationale. Dans une série de gazouillis envoyés au cours du week-end, il fustige Justin Trudeau, l'accusant de provoquer les États-Unis. "C'est ce qui compte", a-t-il conclu.

C'est la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui est allé au front pour répondre de la provocation américaine. La guerre commerciale est déclarée.

"Justin Trudeau a eu l'impudence de qualifier les taxes infligées sur l'acier et l'aluminium " d'insultantes au regard de l'histoire entre les deux pays ".

Les députés ont adopté à l'unanimité une motion soumise par les néo-démocrates pour s'opposer "fermement aux tarifs douaniers illégitimes" imposés par l'administration Trump, approuver les représailles canadiennes, soutenir la gestion de l'offre dans son intégralité et rejeter les attaques personnelles "désobligeantes faites par des responsables américains".

Talonné de près par ses adversaires conservateurs dans les sondages, Justin Trudeau assistait en effet lundi à la formation d'une union sacrée autour de lui: de tous bords, les politiciens canadiens appelaient à faire corps derrière lui, alors que M. Trump menace de s'attaquer désormais au secteur automobile, ce qui marquerait une réelle escalade.

Le milliardaire a toutefois regretté une nouvelle fois les propos de Justin Trudeau tenus samedi après le G7. Cette surtaxe pourrait coûter des milliards de dollars aux producteurs canadiens et allemands si elle venait à se matérialiser.

Selon Larry Kudlow, la réaction du président américain était également destinée à ne pas " montrer de faiblesse " avant son sommet avec Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

"Le Canada n'est pas seul, il n'est même pas dans la pire situation", a-t-il fait valoir, en faisant référence au Mexique. Très faible et malhonnête. "Soyons sérieux et dignes de nos peuples" peut-on lire. "C'est pour eux que nous avons pris des engagements forts lors de ce #G7Charlevoix", a-t-il écrit sur Twitter. De son côté, l'Elysée a rappelé que "la coopération internationale ne peut dépendre des colères ou des petits mots". Récit de deux jours de tractations et de rebondissement. "Nous y tenons. Et quiconque les quitterait le dos retourné montre son incohérence et son inconsistance". Vous pouvez détruire très rapidement une quantité incroyable de confiance avec un tweet.

Cette situation pourrait être bénéfique pour le consommateur du fait que les prix pourraient baisser et être du même coup plus démocratiques, mais le revers pour les producteurs pourrait se traduire en pertes colossales.

L'ex-directeur de la CIA, John O. Brennan, a voulu rassurer les alliés et les amis des États-Unis en écrivant que "M. Trump est une aberration temporaire ".

Dans l'art de la vote-face, Donald Trump est passé maître. "À nos alliés: une majorité bipartisane d'Américains est pro-libre-échange, promondialisation et supporte les alliances basées sur 70 années de valeurs partagées". La "vision du monde [de Trump] ne représente pas les idéaux américains ".

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